expo_olivier-de-Serres

Une exposition très intéressante a ouvert ses portes, il y a quelques jours, au Rize (Centre Mémoires & Société), à Villeurbanne : Olivier de Serres : radiographie d’une « cité ghetto ».

« Olivier-de-Serres est exemplaire pour illustrer la manière dont un ghetto n’est pas le produit des pratiques culturelles de ceux qui l’habitent, n’est pas le reflet d’une sorte d’instinct grégaire de communauté qui le fonde, mais le résultat ultime qui apparaît quand consciencieusement, méthodiquement, sont anéanties toutes les tentatives des habitants tendant à l’éviter ».
Olivier Brachet (Rapport Détruire des ensembles récents, l’opération de destruction relogement Olivier-de-Serres à Villeurbanne, déc. 1983)

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’État français répond à la grave crise du logement par une politique de construction massive, rapide et à bas coût.

Mais ces « grands ensembles », symboles de l’habitat moderne, vont rapidement devenir des zones d’exclusion, cristallisant progressivement la plupart des maux qui affectent la société. Les réponses apportées par les pouvoirs publics sont diverses et vont parfois jusqu’à la destruction des immeubles.

À Villeurbanne, la cité Olivier-de-Serres est la première en France à connaître un tel sort. Construite hâtivement à la fin des années 1950, elle est devenue en moins de vingt ans une véritable « cité ghetto » jusqu’à la démolition de ses barres entre 1978 et 1984.

Aucune trace physique ne subsiste du quartier, pas même le nom de la rue. Pourtant, l’évocation de la cité Olivier-de-Serres déclenche encore de vives réactions. Nourrie de ces mémoires plurielles et contradictoires, cette exposition propose la construction d’un récit où chacun peut retrouver cette histoire.

Au travers de documents d’archives uniques, l’exposition propose un parcours chronologique en quatre parties, de la construction de la première barre de la cité en 1960, aux travaux mémoriels réalisés ces dernières années.

Le visiteur est plongé avec émotion dans une époque marquée par la crise économique et le débat politique autour de l’immigration. Il y découvre des lettres d’habitants, des correspondances du député-maire Charles Hernu, des photographies de presse et des images d’archives de l’Ina. À entendre également : Quartier lointain, documentaire sonore d’Irène Berelovitch réalisé spécialement pour l’occasion, qui redonne, 25 ans après, la parole aux habitants.

Exposition du jeudi 8 octobre 2009 au samedi 30 janvier 2010 aux horaires d’ouverture du Rize.

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