Colloque


L’association Mémoire Rhône-Alpes organise, sous la direction de Claude Pennetier, directeur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, la table ronde

« Mémoire(S) du mouvement ouvrier à Villeurbanne »

Elle aura lieu mercredi 4 mars de 14 à 17 heures au Rize à Villeurbanne (23, rue Valentin Haüy) :

  • Claude Pennetier : Ouvriers et militants du mouvement ouvrier de Villeurbanne
  • François Ménétrier : 1909-1939: aperçu des premières années du syndicalisme des personnels communaux de Villeurbanne
  • Alain Bujard : Villeurbanne: la solidarité ouvrière et les Brigades internationales à l’heure de la guerre d’Espagne
  • Nathalie Viet-Depaule : La solidarité ouvrière et les prêtres ouvriers villeurbannais.

Pour en savoir plus

Maitron - Dictionnaire biographique que mouvement ouvrier

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Speriamo ! Mémoire de l'immigration italienneLe Rize de Villeurbanne organise une journée de rencontres et de réflexion sur les questions mémorielles liées à l’immigration italienne.

Speriamo ! Mémoires de l’immigration italienne
vendredi 28 novembre 2014 au Rize

Des dizaines de milliers d’Italiens sont venus s’installer en France sur plusieurs générations pour trouver du travail ou, minoritairement, pour des raisons politiques. Mais leur parcours individuel et collectif, la transmission de leurs cultures, nationale mais aussi régionale et locale, leurs langues, parfois l’absence de transmission, n’a pas fait l’objet d’un travail mémoriel important jusqu’à récemment. C’est le cas notamment dans l’agglomération lyonnaise, alors que cette immigration a pourtant représenté une part importante de l’apport de population étrangère de la région entre 1860 et 1960.

Journée d’étude organisée avec la collaboration scientifique de Jean-Luc De Ochandiano, historien, auteur du livre Lyon à l’italienne et Olivier Chavanon, sociologue à l’Université de Savoie.

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Programme détaillé (téléchargez la version pdf)

8h45 : Accueil café

9h15 : Se souvenir ?
Introduction par Xavier de la Selle, directeur du Rize
La matinée sera consacrée à interroger la nécessité d’un ancrage territorial pour les mémoires, alors que l’immigration a peu de « lieux de mémoire ». La disparition de lieux comme le « Village nègre » dans le 8e arrondissement de Lyon, la transformation rapide de quartiers ouvriers comme Gerland, Perrache, le quartier du Tonkin et à plus grande échelle de villes comme Villeurbanne, produisent un effacement des traces matérielles de l’immigration italienne. Quel impact cela peut-il avoir sur les processus mémoriels en
cours, sur les éléments de connaissance, de reconnaissance et de visibilité des mémoires de l’immigration italienne dans l’espace urbain de l’agglomération lyonnaise ? Cela nous renvoie également en écho à l’espace privé et aux pratiques familiales, servant ou non de points d’ancrage pour cette mémoire : la diversité des parcours individuels et familiaux permet-elle vraiment de tirer des fils conducteurs dans les mouvements d’appropriation de ses origines par les générations successives ?

9h30 : Histoire de l’immigration italienne et jeux de mémoire
Jean-Luc De Ochandiano, conservateur des bibliothèques et historien
Au fil de ses recherches sur l’histoire de l’immigration italienne à Lyon, Jean-Luc De Ochandiano a pu éclairer un panorama local riche et complexe, qu’il exposera en préambule de cette journée. Ce récit permettra de souligner que, dès le 19e siècle, des constructions identitaires et mémorielles sont en jeux autour et au sein de l’immigration italienne, qu’elles sont liées à des réalités locales mais aussi à des problématiques nationales, que ce soit la construction des États-nations, l’histoire des relations franco-italiennes ou l’importance grandissante ces dernières années d’un travail de mémoire sur l’immigration en France.

10h : L’immigration à l’épreuve des mémoires
Olivier Chavanon, sociologue à l’Université de Savoie
À partir de la projection du documentaire Mémoires d’un village nègre qu’il a réalisé en 1993 – 95 avec Frédéric Blanc, Olivier Chavanon se propose de mettre en perspective la mémoire migratoire en tant que construction sociale des individus, aller-retour permanent entre construction identitaire personnelle, familiale et représentations territoriales.

10h30: échanges avec la salle

11h : Reconstructions de la mémoire et territorialisation
Frédéric Blanc, ingénieur de recherche en anthropologie
L’étude de micro-groupes sociaux d’immigrés italiens vivant à Parilly, dans la banlieue de Lyon, a permis à Frédéric Blanc de travailler sur les processus de territorialisation et de définition identitaire et mémorielle de ces groupes. Il nous en présentera les différents aspects, comme par exemple, la confrontation à une représentation de soi imposée par l’extérieur.

11h30 : Langue et non-langue des Enfants d’Italiens, ruptures et continuités dans la mémoire de l’immigration italienne
Isabelle Felici, professeur en études italiennes, Université Paul Valéry Montpellier 3
À partir, notamment, de l’analyse des témoignages rassemblés dans ses ouvrages Racines italiennes (Laboratoire Babel, Toulon, 2006) et Enfants d’Italiens, quelle(s) langues parlez-vous ? (GEHESS, Toulon, 2009, en collaboration avec Jean-Charles Vegliante, CIRCE Paris 3) et dans un troisième volume en cours de publication intitulée Sur Brassens et autres enfants d’Italiens, Isabelle Felici interrogera la complexité du lien au pays d’origine au travers du prisme de la langue.

12h : échanges avec la salle
12h30 : repas libre

14h : Transmettre ?
Introduction par Anne-Catherine Marin, directrice des Archives municipales de Lyon
L’après-midi permettra d’interroger le rôle des acteurs associatifs, institutionnels et des politiques publiques sur les questions d’histoire et de mémoire de l’immigration. Du côté des institutions, musée ou archives notamment, comment collecte-t-on aujourd’hui la mémoire de l’immigration ? Que conserve-t-on (et donc que rejette-t-on) de cette mémoire et comment la met-on à disposition du public ? D’une manière plus large, l’immigration italienne ne semble pas avoir vraiment fait mémoire dans le Grand Lyon, est-ce parce que c’est une agglomération qui s’intéresse peu à son histoire migratoire et ouvrière ? Quelle est la place des associations dans cette transmission ? A-t-elle plus de place dans d’autres villes, d’autres régions de forte immigration ? Cet après-midi interrogera d’une manière transversale comment la mise en visibilité, dans l’espace social, des mémoires de l’immigration, transforme l’image que l’on a de soi, de son parcours et de sa place dans l’espace social.

14h30 : Le Festival du Film italien de Villerupt
Oreste Saccheli, président du Festival
Fondé en 1976, le Festival du film italien de Villerupt en Lorraine remporte une forte adhésion du public et a suscité l’intérêt de nombreux chercheurs quant à son originalité et son identité, entre émigration et milieu ouvrier, ethnographie et multiculturalisme, même si les organisateurs ne tiennent pas à être enfermés dans ces catégories. Oreste Saccheli se propose d’interroger le Festival comme centre d’une vaste zone d’« italianité diffuse » sans que cette « italianité » ne soit au coeur des ambitions de la manifestation pour autant.

15h : L’exposition « Un air d’Italie », la présence des Italiens en Isère à Grenoble
Olivier Cogne, chargé d’expositions au Musée Dauphinois
Le Musée Dauphinois a fait le choix, de longue date, d’élargir sa mission pour évoquer la diversité culturelle, en présentant notamment l’histoire des communautés d’origine étrangère. Olivier Cogne présentera l’exposition Un air d’Italie produite en 2011, qui a également exploré cette notion « d’italianité », définie comme un « sentiment diffus, d’appartenance à une terre, à une langue, à une culture, que chaque Italien d’origine porte en lui. »

15h30 : Le Musée Paolo Cresci de Lucca : une mémoire nationale dans un petit musée local
Silvia Bernardi, collaboratrice du Musée Cresci sur l’immigration à Lucca (Toscane)
Dans l’Italie des années 1970, l’épuisement du phénomène migratoire se manifeste à travers le début d’un jeu de commémorations qui marquent la nécessité d’un recouvrement de la mémoire des émigrés italiens. Le désir de représentation de ce chapitre de l’histoire nationale transforme cette initiative, entre la fin des années 1990 et le début du 21e siècle, en musées ou sections de musées dédiées à l’émigration, principalement au niveau local. Silvia Bernardi analysera ces aspects à travers le cas de la naissance du Musée Paolo Cresci de Lucca, doté d’un des plus grands fonds d’archives sur le thème en Italie.

16h : échanges avec la salle

16h30 : La mémoire collective : un processus immatériel ?
Jacques Barou, directeur de recherches émérite au CNRS laboratoire PACTE de Grenoble
Conclusion de la journée.

Entrée libre
Accès : 23 rue Valentin Haüy 69100 Villeurbanne
Contacts :
04 37 57 17 17
lerize@mairie-villeurbanne.fr

Colloque "Les Italiens à Lyon"Avec des collègues historiens et italianistes, nous organisons un colloque sur l’immigration italienne à Lyon. Voici toutes les informations le concernant. Il se déroulera le jeudi 6 novembre à l’Université Jean-Moulin Lyon 3, et le vendredi 7 novembre aux Archives municipales de Lyon.

Les Italiens à Lyon : Espace urbain, identités nationales et représentations

Pendant un siècle (1860-1960), l’immigration italienne a constitué, une part majeure des flux migratoires vers l’agglomération lyonnaise. Aussi, son histoire, qui est encore largement à écrire, peut offrir de multiples points de vue pour mieux comprendre la place assignée aux immigrants dans l’espace urbain de l’agglomération lyonnaise et au sein du monde ouvrier, pour se pencher sur l’émergence et la construction des réactions de rejet et de violence qu’ils ont pu subir, et étudier les représentations multiformes dont ils ont été l’objet au cours de la période.

Organisateurs : LARHRA – Triangle – Département d’Italien de Lyon 3 – Archives municipales de Lyon
Télécharger le programme du colloque

Programme détaillé

Jeudi 6 novembre 2014, Université Jean Moulin Lyon 3

10h – Accueil

10h30 – Présidence et Introduction du colloque : Pierre GIRARD, professeur d’études italiennes, université Jean Moulin Lyon 3, membre du CERPHI

10h45 – Marie-Claude BLANC-CHALEARD, professeur d’histoire contemporaine émérite, Université de Paris Ouest, membre du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (UMR 8058)
L’histoire de l’immigration italienne en France. Retour sur trente ans de recherche

11h30 – Antonio BECHELLONI, historien, Université Charles de Gaulle – Lille 3
Vingt-cinq ans de recherches sur l’immigration italienne en France en perspective (1983-2008)
Débats

12h30 – Déjeuner

Identité nationale et xénophobie

Présidence : Romain DESCENDRE, Professeur d’études italiennes à l’ENS de Lyon, membre de Triangle (UMR 5206)
14h – Introduction par Laurent DORNEL

14h15 – Stéphane MOURLANE, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille, membre de TELEMME (UMR 7303)
Les Vêpres marseillaises (1881) : retour sur une crise xénophobe fondatrice

14h45 – Gérard NOIRIEL, directeur d’études à l’EHESS, membre de l’IRIS (UMR 8156)
Le massacre des Italiens à Aigues-Mortes : socio-histoire d’un événement xénophobe

15h15 – Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Professeur d’histoire contemporaine émérite, Université Lyon 1, membre du LARHRA (UMR 5190)
« Chers voisins » : les émeutes anti-italiennes à Lyon en 1894 après l’assassinat de Sadi Carnot

16h – Pause
16h30 – Table-ronde animée par Laurent DORNEL avec Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Gérard NOIRIEL et Stéphane MOURLANE
Nationalisation du monde ouvrier et violences xénophobes à la fin du XIXe siècle

17h – Jean-Luc DE OCHANDIANO, membre associé du LARHRA (UMR 5190)
Xénophobie et réorganisation ouvrière dans le bâtiment de Lyon (1880-1914)

Vendredi 7 novembre 2014, Archives municipales de Lyon

Les Italiens dans l’espace urbain : Gerland (1930-1960)

Présidence : Michelle ZANCARINI-FOURNEL
10h – Pauline GUIGNARD, étudiante en master 2, Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Les Italiens des baraques de Gerland et la crise des années 1930

10h30 – Jean-Luc PINOL, professeur des universités en histoire contemporaine, ENS de Lyon, membre du LARHRA (UMR 5190)
Cartographier les baraques de Gerland : quelle place dans l’immigration italienne du quartier

11h – Xavier VIGNA, maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Bourgogne, membre du Centre Georges Chevrier (UMR 7366), membre junior de l’IUF
« Les défricheuses de la zone » : récit sur les baraques de Gerland
Débats
12h – Déjeuner

Discours, récits et représentations de l’immigration italienne

Présidence : Stéphanie LANFRANCHI, maîtresse de conférences en études italiennes, ENS de Lyon, membre de Triangle (UMR 5206)
14h30 – Laurent DORNEL, maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Pau, membre de l’ITEM (EA 3002)
Les Italiens et la race latine dans la presse française (années 1880-1900)

15h15 – Laurent BAGGIONI, maître de conférences en études italiennes, Université Jean Moulin Lyon 3, membre de Triangle (UMR 5206)
La figure de l’immigré dans la pensée sociologique au début du XXe siècle

16h00 – Alessandro MARTINI, maître de conférences en études italiennes, Université Jean Moulin – Lyon 3, membre du GERCI
« Un émigré, un aventurier, un héros » : Mario Soldati et l’Amérique (America primo amore, 1935)

Voici quelques informations concernant mes prochaines interventions sur l’immigration italienne dans l’agglomération de Lyon :

Lyon à l’italienne  – Histoire et témoignages sur l’immigration italienne à Lyon
Mercredi 19 février 2014, 18h30, Bibliothèque de la Part-Dieu
Depuis deux siècles, des dizaines de milliers d’italiens sont venus dans l’agglomération lyonnaise pour y travailler et nombre d’entre eux s’y sont installés durablement.
Quelles a été l’histoire de cette immigration qui a pris fin au cours des années 1960 ? Comment a-t-elle marqué notre agglomération, notamment certaines communes et quartiers où les Italiens étaient nombreux ? Quelles étaient les relations entre Français et Italiens ? Comment la mémoire de cette immigration peut-elle se transmettre ?
Nous vous proposons d’échanger autour de ces questions, et bien d’autres, à l’occasion de la conférence – table-ronde qui réunira :

  • Ugo Iannucci, avocat et ancien bâtonnier de Lyon, fils de réfugié politique italien,
  • Angelo Campanella, président du COM.IT.ES (Comité des Italiens à l’étranger) de Lyon,
  • Danilo Vezzio, responsable du Fogolâr Furlan (association de Frioulans) de Lyon,
  • Jean-Luc de Ochandiano, historien et auteur de Lyon à l’italienne.

Lyon à l’italienne : deux siècles de présence italienne dans l’agglomération lyonnaise
Mercredi 19 mars 2014, 18h30, Salle du conseil à la Mairie de Caluire-et-Cuire
Conférence organisée par le Comité de Jumelage de Caluire-et-Cuire
Place du Docteur Frédéric Dugoujon, 69300 Caluire-et-Cuire

Lyon à l’italienne : conférence
Vendredi 4 avril, 18h30, Centre Culturel d‘Écully
Conférence organisée à l’occasion du Festival du film italien d’Écully qui se déroulera du 2 au 8 avril

Les Italiens à Lyon… et à Chaponost (19e-20e siècles)
Vendredi 11 avril 2014, 20h, Salle des fêtes de Chaponost
Conférence organisée par le Comité de Jumelage de Chaponost et l’association Histoire et Patrimoine de Chaponost
9 boulevard des Fleurs, 69630 Chaponost

Exposition « Lyon, l’italienne »
Mardi 15 avril –  Vendredi 20 décembre 2014 (date d’inauguration officielle à préciser)
Archives municipales de Lyon – 1 place des Archives, 69002 Lyon – 04 78 92 32 50 (Métro Perrache)
Un important programme culturel (conférences, journées d’études, spectacles, concerts, projections de films, visites guidées, ateliers) accompagnera cette exposition consacrée à l’immigration italienne dans l’agglomération de Lyon. Un programme sera disponible à la fin du mois de mars

Les Italiens de Lyon face à l’assassinat de Sadi Carnot en 1894
Lundi 19 mai 2014, 18h15, Archives municipales de Lyon

Conférence organisée par la Société d’histoire de Lyon
1 place des Archives, 69002 Lyon – 04 78 92 32 50 (Métro Perrache)

Plâtriers et mouleurs en plâtre italiens à Lyon : des compétences nouvelles pour un matériau nouveau
Mardi 17 juin 2014, Archives municipales de Lyon (heure à préciser)
Communication réalisée dans le cadre de la Journée d’étude, « Les Italiens dans l’ornementation à Lyon au 19e siècle » (programme définitif à venir)

Quelques fois, les préoccupations se rencontrent dans des entrechocs qui ne sont certainement pas fortuits.

Le 20 novembre, Le Rize de Villeurbanne accueillait la deuxième édition des Friches à l’œuvre. Il s’agissait d’une journée d’interventions et de débat autour de la mémoire industrielle dans les projets urbains actuels, et en particulier de la préservation de certains sites industriels, actuellement en friche, afin de conserver les traces matérielles d’espaces porteurs d’une mémoire à la fois architecturale, technique, ouvrière, militante, etc.
Mais quelle préservation et pour quels projets urbains ? Comment insérer une mémoire en train de s’effacer dans de nouveaux espaces urbains souvent en rupture avec les précédents ? Et quelle formes mémorielles sont-elles en œuvre dans ces projets : remémoration, commémoration, récit folklorisé ? Quel dialogue tisser, dans nos villes, entre passé et présent et comment ? Pourquoi la préservation du patrimoine industriel est-elle pratiquement absente des projets de certaines agglomérations, notamment celle du Grand Lyon qui a pourtant un passé dans ce domaine plutôt conséquent ?
Les interventions étaient riches et j’espère que les enregistrements seront mis en ligne sur le site du Rize, notamment celui d’Amélie Nicolas, sociologue, qui s’est intéressée aux usages sociaux de la mémoire dans un projet de réaménagement urbain sur un ancien site industriel de Nantes.

Une semaine plus tard, le festival A nous de voir organisait une journée de projection autour du thème « Habiter la ville » qui posait, elle aussi, mais en d’autres termes, la question de la rénovation urbaine et des projets politiques qui la sous-tendent. L’espace de la friche industrielle étaient au cœur d’un très beau film centré sur le quartier de Gerland à Lyon, Les Hommes debout, de Jérémy Gravayat.

Ce film mosaïque essaie, à partir d’un même espace, de tisser des liens entre différentes époques et différentes populations, toutes marquée par le poids de l’exploitation et de la précarité : travailleurs immigrés ayant mené des luttes dans les usines de Gerland dans les années 1970, ouvriers employés aujourd’hui sur les chantiers de rénovation du quartier, squatteurs et sans papiers ayant trouvé un refuge dans les friches industrielles abandonnées… Jérémy Gravayat se frotte aux marges de nos villes, pour en saisir des bribes, des traces, des gestes, des ombres  et des lumières, et construire un récit sensible  sur notre monde urbain actuel.

Le 25 novembre 2009, j’ai participé à un colloque organisé par l’Institut Régional CGT d’Histoire Sociale Rhône-Alpes sur le thème “Migration, immigration et constitution du mouvement social régional”. J’en ai donné le programme ici.
Mon intervention s’intitulait « L’intégration des immigrés au sein des organisations syndicales :  un enjeu central pour les syndicats du bâtiment de la région lyonnaise (1870-1940) ». Pour celles et ceux qui n’ont pas pu participer à ce colloque, je vous propose de l’écouter ; elle dure environ une demi-heure.

Cette intervention visait à étudier les relations complexes qui ont existé entre les syndicats et les étrangers, et ceci dès la naissance de ces organisations au cours des décennies 1870-1880, précisément au moment où se mettaient en place les principaux éléments qui vont fonder le discours national de l’État français jusqu’à nos jours. Les syndicats du bâtiment de Lyon (notamment ceux des maçons et des plâtriers-peintres que j’ai étudiés lors de cette intervention) ont dû d’emblée affronter la question nationale et ont tenté de mettre place, notamment à partir des années 1910, des solutions originales pour mettre à distance la tentation xénophobe, même si les périodes de crises économiques n’ont pas toujours permis d’éviter complètement les conflits sur ces questions.

Écoutez mon intervention du 25 novembre 2009 :


Date de l’enregistrement : 25/11/2009 – Durée : 31 mn

Cette intervention peut être reproduite et diffusée librement, à condition d’en citer l’auteur (Jean-Luc de Ochandiano), la date et le cadre (Colloque de Institut Régional CGT d’Histoire Sociale Rhône-Alpes) et de donner la référence de la page web d’où elle est extraite.

En quête d'asileL’association Ciné Travail et le Festival « A nous de voir » (science & cinéma) organisent une journée d’études intitulée « D’un travail à l’autre » consacrée au travail de ceux, agents de l’Etat ou membres d’associations, qui interviennent auprès des demandeurs d’asile.
La journée d’études aura lieu le vendredi 27 novembre 2009 de 10h à 17h au Théâtre de la Renaissance  (7, rue Orsel  69600 Oullins).

Présentation de la journée d’études :

Nombreux sont ceux qui, contraints de fuir leur pays, prennent la route de l’exil afin de venir demander asile dans un autre pays. Déplacés par les évènements, il leur faut parcourir un itinéraire semé d’embûches, mal balisé, à la réglementation complexe et changeante. En effet, depuis 1970, les réformes successives de la législation sur l’entrée et le séjour des étrangers, malgré des périodes « d’assouplissement » n’ont fait qu’accroître les difficultés d’accès au territoire et les mesures répressives à l’encontre de personnes en situation irrégulière. Dans ce contexte, de nombreuses structures associatives ont vu le jour afin de faire respecter les droits fondamentaux et élémentaires de ces personnes et de les accompagner dans leurs démarches. Loger, soigner, défendre : si les missions qu’elles se sont données sont aujourd’hui reconnues par l’État, elles voient leur liberté d’action diminuer dans un contexte de médiatisation de la “question” de l’immigration. Elles deviennent prestataires de service pour les pouvoirs publics  alors que les agents de l’Etat sont contraints de traiter les dossiers de plus en plus rapidement. Ainsi, les enjeux politiques et éthiques du droit d’asile peuvent être éclairés par une analyse du travail de ceux qui, au quotidien, incarnent la mise en œuvre du droit ou le “prendre soin” des personnes.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de Ciné Travail et télécharger le descriptif et le bulletin d’inscription à la journée.

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