Habitat populaire


L‘association Les Inattendus propose une projection qui promet d’être très intéressante autour du thème :
 .
 Ville : Habitat social et habitat précaire
.;
Deux films seront proposés au cours de cette séance de cinéma qui aura lieu le mercredi 4 février à 19h30, salle des Rancy :
 .

Dix jours dans la ZUP Des Minguettes ou l’Amazonie est de l’autre côté de la rue
de Hélène Châtelain & Stéphane Gatti
France, 1973, Vidéo, 51′
En 1973, la « zone à urbaniser en priorité » des Minguettes était un quartier neuf. Les réalisateurs du film y ont mené une enquête auprès des habitants, les interrogeant sur leur expérience du quartier. Leurs sentiments sont récoltés sur le vif, une multitude de voix disent la diversité de ces sentiments et mettent en évidence les problèmes du quartier, et ce qui pouvait en devenir, mais aussi ce qui allait bien. Un film-document.

Planches, clous, marteaux
de Jérémy Gravayat
France, 2014, 16mm, 12′
« Où l’on construit, détruit, reconstruit, des abris… Sur le chemin d’un film bien plus long, autour de quelques fragments d’une histoire de l’habitat social et précaire à La Courneuve en Seine St Denis, nous enregistrons des récits, consultons des archives, tournons des images, recherchons des lieux, confectionnons un journal, une forme d’Atlas. » (Jérémy Gravayat)

La séance se déroulera en présence de Jérémy Gravayat, réalisateur du second film dont j’avais déjà parlé ici à l’occasion de la sortie de son œuvre précédente, Les hommes debout, et de Lucie Définot, membre du comité éditorial de la revue Z.
.
Entrée: 4€50
Salle des Rancy
249 Rue Vendôme, 69003 Lyon
Métro: Saxe-Gambetta

Au moment où les bidonvilles ressurgissent dans les grandes agglomérations françaises, il est important de ne pas oublier qu’ils ont marqué certains espaces de nos villes jusque dans les années 1960. Phénomène qui n’est donc pas si ancien mais que l’on croyait définitivement éradiqué. Mais les inégalités croissantes, l’arrivée de nouvelles populations migrantes, le rejet des classes populaires de plus en plus loin des centre-ville remettent cette réalité à l’ordre du jour. C’est pour cela qu’il est important de se pencher sur l’histoire de ces quartiers de « baraques », cette « zone », ces « quartiers nègres », ces « bidonvilles » comme on les a appelés au cours du temps. Ils ont été très nombreux dans l’agglomération de Lyon et le plus connu d’entre eux est celui du Chaâba, popularisé par le roman d’Azouz Begag. Voilà donc un film particulièrement important pour mieux connaître, de l’intérieur, l’histoire de ce bidonville.

Le Chaâba, à la Feyssine, a été, de 1949 à 1965, le lieu de vie de plusieurs familles d’origine algérienne, venues en France au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour travailler et participer à la reconstruction.
Le film retrace l’histoire de ces anciens habitants du Chaâba, et de leur implantation dans la cité de Villeurbanne. Comment ont-ils vécu cette histoire ? Quelles relations ont-ils eues avec les habitants voisins ? Comment ont-ils vécu la Guerre d’Algérie ? Que s’est-il passé lors de l’Indépendance ?
Chaâba, bidonville ou terre d’asile évoque un moment de l’histoire villeurbannaise dans ce qu’elle a de plus riche : l’accueil de la diversité. Retrouver la mémoire de ces femmes et de ces hommes, depuis leur origine jusqu’à leur devenir actuel, est une démarche patrimoniale, mais plus encore un enjeu pour demain. Car cette mémoire nous transmet des signes pour l’avenir, pour y créer et y pérenniser un lien social fort dans les différents quartiers.

Un film réalisé par Wahid Chaïb et Laurent Benitah,
initié par l’Interquartiers « Mémoire et Patrimoine » de Villeurbanne

Projection-débat en avant-première au Rize
23 rue Valentin Haüy 69100 Villeurbanne
samedi 16 novembre, 15h – Entrée gratuite
durée du film : 40 mn

Couverture "Cités ouvrières en devenir"Il y a quelques mois, j’avais signalé, dans les « Infos rapides », la sortie d’un ouvrage qui me paraissait intéressant , Cités ouvrières en devenir : ethnographie d’anciennes enclaves industrielles. L’ouvrage s’intéresse  à cette forme particulière d’habitat populaire, la « cité ouvrière » en étudiant certaines d’entre elles qui ont été construites dans l’agglomération lyonnaise. L’approche est à la fois historique (genèse de cette forme d’habitat) et  surtout, ethnographique puisque des enquêtes sur le terrain ont été menées pour étudier les formes d’appropriation de ces cités par leurs habitants après la disparition des usines qui en étaient à l’origine.

Si vous voulez en savoir plus sur cet ouvrage et sur le sujet, la Maison Rhodanienne de l’Environnement (MRE) organise, le 7 avril à 19h, une conférence avec François Duchêne, chargé de recherche au laboratoire RIVES de l’ENTPE, et qui a dirigé la publication de l’ouvrage.

Les cités ouvrières bâties entre la fin du 19ème et le début du 20ème siècle, désignent des ensembles de logements groupés, pavillonnaires ou collectifs, construits par une même entreprise. Ces cités répondent aujourd’hui sensiblement à la même fonction, celle de loger une population plutôt modeste, ce dans un cadre d’existence profondément renouvelé : les entreprises ayant géré ce patrimoine sur plusieurs décennies l’ont revendu à partir des années 1970.
Cette conférence sera l’occasion de réfléchir au devenir des ces espaces d’habitations liés à l’industrie et d’aborder les enjeux de mémoire urbaine, du lien entre habitants, industrie et transformations urbaines. »

Renseignements Robins des Villes : 04 72 77 19 94
MRE : 32 rue Sainte-Hélène – 69002 Lyon
Entrée libre.

Encore une initiative du Rize dans la continuité de son exposition Villeurbanne, la laborieuse ? et en lien avec l’inter-quartiers « Mémoire et Patrimoine » : Un café patrimoine avec l’ethnographe François Duchêne autour de la question : Pourquoi vient-on habiter quelque part ? Une question pas si anodine qu’il n’y paraît.

Café-patrimoine "Pourquoi vient-on habiter quelque part ?"

Image du film sur la politique de la ville du Grand Lyon (1979-1989)Le Grand Lyon a mis en ligne 5 petites vidéos de 5 à 10 mn chacune retraçant, par tranche de 10 ans, l’évolution de la politique de la ville dans l’agglomération. Ces petites vidéos ont l’intérêt de resituer chronologiquement les différentes interventions des pouvoirs publics dans ce domaine au cours de ces cinquante dernières années, de les mettre en lien avec l’évolution des quartiers, et de montrer que le malaise des banlieue est loin d’être un phénomène récent (premières révoltes dès la fin des années 70, marches pour l’égalité de 1983, etc.).

Elles présentent aussi un bilan assez nuancé des politiques publiques,  les commentaires insistant sur le fait que les inégalités au sein de l’agglomération ne se sont pas atténuées au cours de ces dernières décennies.

Films sur politique de la ville du Grand Lyon

Ces vidéos ont aussi l’intérêt de nous montrer un certain nombre d’images de l’agglomération au cours d’un demi-siècle d’évolution.

Une cheminée d'usine à VilleurbanneÉvoquer et illustrer un siècle et demi d’histoire industrielle àVilleurbanne, tel est l’objectif de l’exposition Villeurbanne, la laborieuses ? qui a été inauguré il y a une quinzaine de jours au Rize, Centre Mémoires et Société . Cette commune, qui était un gros bourg rural au milieu du 19e siècle a, en effet, connu un développement très rapide du fait de l’installation de nombreuses usines sur son territoire et un monde ouvrier nouveau a pris forme, peu à peu, dans cet espace où les exploitations agricoles ont peu à peu disparu.

Mais l’objet de l’exposition n’était pas de parler directement des hommes et femmes appartenant à ce qu’on a longtemps appelé la « classe ouvrière ». L'exposition "Villeurbanne, la laborieuse ?" au RizeCeux qui l’ont réalisée se sont plutôt intéressés aux nombreuses formes matérielles qui ont été produites directement ou indirectement par cette industrialisation : les usines qui dominaient la ville, la structuration spatiale de Villeurbanne qui en a découlé, la volonté de cette commune ouvrière de garder son identité face à Lyon par des réalisations architecturales fortes, la nécessité de loger les ouvriers décemment et de leur offrir un minimum d’hygiène, etc.

L’exposition évoque aussi la disparition de ce monde, la destruction des usines (il en reste tout de même quelques-unes) dont la chute des cheminées et devenue presque un symbole, le sauvetage tardif de quelques-unes d’entre elles, L'exposition "Villeurbanne, la laborieuse ?" au Rizeleur réhabilitation et reconversion, la disparition d’un monde dont les traces sont encore nombreuses, mais de plus en plus difficiles à voir pour qui ne connaît pas l’histoire de la ville.

Cette exposition constitue une belle évocation pour qui habite cette ville, veut la découvrir ou veut en connaître l’histoire. J’espère que d’autres suivront qui permettront de parler plus directement des hommes et femmes qui travaillaient dans ces usines, des métiers qu’ils occupaient, de leur relations sociales, des luttes sociales nombreuses qui y ont été menées, etc., et de s’intéresser aussi au monde ouvrier actuel qui n’a pas complètement disparu de Villeurbanne.

Affiche de l'exposition
L’exposition peut être visitée jusqu’au 14 mai
au Rize, Centre mémoires et société

Rue de la filature, dans le quartier des Poulettes (Villeurbanne)Lors d’un précédent billet que vous pouvez retrouver ici, j’ai parlé de la projection-débat à laquelle je vais participer intitulée Au coeur des Poulettes et qui aura lieu le jeudi 24 février à 19h au Rize, Centre mémoires et société (entrée libre).

Les Poulettes constituent un petit quartier de Villeurbanne qui a commencé à se développer à partir de la fin du 19e siècle autour des premières usines qui s’y sont implantées. La plus importante d’entre elles était l’usine Villard, une filature de schapppe (c’est-à-dire de déchets de soie) qui ouvre ses portes en 1899 et qui a dominé le quartier jusque dans les années 1930.

L'ancienne filature Villard, devenue ACI Villeurbanne

L’ancienne filature Villard, devenue ACI Villeurbanne

Le développement industriel s’est nourrie d’une main d’œuvre venue de l’extérieur, notamment d’Italie, qui a joué un rôle très important dans ce quartier. Venus pour la plupart de la région de Turin et de la province de Frosinone, ces transalpins ont donné une coloration particulière aux Poulettes. Un pavillon dans le quartier des PouletttesColoration renforcée par le fait que, bien que cerné par les usines, le quartier est, par contre, essentiellement constitué de petites maisons, de pavillons, de petits ateliers, de quelques immeubles sociaux de faible hauteur.

Pendant longtemps, les Poulettes ont fonctionné comme un « village urbain » peuplé d’une majorité d’hommes et de femmes arrachés de leur campagne d’origine pour travailler en usine et qui ont conservés des formes de sociabilité rurales tout en intégrant, peu à peu, les valeurs et les modes de vie du monde ouvrier français.

S’intéresser au Poulettes, c’est se pencher sur ce brassage de populations qui a donné le monde ouvrier du 20e siècle, sur les solidarités réelles qui s’y sont développées, sur les luttes sociales et politiques qui s’y sont déroulées et qui marquent encore l’espace du quartier.

Plaque en l'honneur de Luc Ricci, fusillé par les nazis (41, rue Fontanières)

Luc Ricci, résistant originaire de Roccasecca (commune italienne de la province de Frosinone). Plaque apposée sur la façade du 41 rue Fontanières

Page suivante »