Immigration


Exposition Lyon l'ItalienneL’exposition Lyon l’italienne vient de fermer ses portes aujourd’hui.

Merci aux milliers de personnes qui se sont déplacées pour venir la voir.
Merci aussi à tous ceux qui ont contribué à son succès en se mobilisant autour de ce projet.
Merci en particulier à Anne-Catherine Marin, directrice des Archives municipales de Lyon, pour m’avoir offert la possibilité de montrer l’histoire des dizaines de milliers d’Italiens qui ont rejoint l’agglomération de Lyon depuis le 19e siècle.

Pour ceux qui n’ont pas pu venir aux Archives municipales de Lyon et découvrir les nombreux documents et objets exposés, ou qui veulent se replonger dans cette histoire, il est possible :

Livret de l'exposition "Lyon l'italienne"

  • de suivre en ligne la conférence que j’ai faite à l’université Jean Moulin Lyon 3 le 18 novembre 2013.

Lyon à l'italienne : deux siècle de présence dans l'agglomération lyonnaise - Jean-Luc de Ochandiano

invitation1L’exposition Lyon l’italienne qui se déroule aux Archives municipales de Lyon se termine le samedi 20 décembre.
Il ne vous reste donc plus qu’une dizaine de jours pour aller la voir avant sa fermeture définitive.

D’ici là, deux initiatives (les dernières) auront lieu autour de l’exposition :

♦ Le mardi 16 décembre à 19h, Concert de chansons autour de l’immigration italienne par la chorale Les mauvaises pentes.

♦ Le jeudi 18 décembre à 19h, Concert de chansons italiennes par la chorale La Tarentelle-St-Cyrote.
Le concert sera accompagné d’une intervention de Jean Guichard, ancien professeur d’italien à l’Université Lyon 2, fondateur de l’association Italie Nord-Isère et spécialiste de la chanson transalpine.

Les étrangers dans la Grande GuerrreLe Musée de l’histoire de l’Immigration et la Documentation française viennent de publier un petit opuscule de Laurent Dornel intitulé Les étrangers dans la Grande Guerre. Il s’agit d’une synthèse assez courte (87 pages petit format) mais qui se révèle très intéressante.

Laurent Dornel est un spécialiste de l’histoire de l’immigration qui a publié, il y a quelques années, La France hostile, ouvrage fondamental sur le développement de la xénophobie en France à la fin du 19e siècle.

Cette fois, il s’intéresse à la présence multiforme des étrangers en France pendant la Première Guerre mondiale. Présence multiforme car la Grande Guerre constitue un moment assez unique où le nombre des étrangers monte en flèche en France mais pour des raisons multiples. En dehors même des troupes allemandes qui occupent le nord de la France, les soldats étrangers sont, tout d’abord, nombreux sur le sol national : troupes coloniales françaises (qui ne sont pas toujours étrangères au sens juridique du terme mais qui sont considérées comme telles), troupes britanniques dont une partie est composée par des corps venant de son Empire (lanciers du Bengale, etc.) ou de ses dominions (Canadiens, Australiens, Sud-africains ou Néo-zélandais), troupes américaines, soldats russes ou portugais, corps expéditionnaire italien… Mais plusieurs centaines de milliers de Belges trouvent aussi refuge en France. Il faut ajouter, à cela, les nombreux étrangers et coloniaux venus travailler, plus ou moins volontairement dans l’industrie de guerre : on compte rapidement de très nombreux Espagnols, des Italiens, des Grecs, puis des Algériens, des Marocains, des Tunisiens, des Indochinois et même des Chinois.

La France hostileSi l’immigration était déjà importante en France avant 1914 (il y a déjà un million d’étrangers sur le territoire en 1880), la Première Guerre mondiale conduit à une diversification extrême des populations étrangères et confronte les Français à des formes d’altérité nouvelles : l’immigration d’outre-mer était, en effet, jusqu’alors pratiquement inexistante en France. Elle naît véritablement avec la Grande Guerre, et sa gestion, sur le territoire français, montre que les catégories raciales nées de la colonisation sont déjà bien implantées dans les esprits à cette époque : les différentes populations coloniales ou « exotiques » sont affectées à des travaux liés à des compétences raciales supposées et l’on évite certains cohabitations liées à ce qu’on imagine être des « antipathies de race ». Mais les autorités militaires s’inquiètent aussi des relations que peuvent entretenir les ouvriers coloniaux ou chinois avec les femmes françaises qu’ils sont amenés à côtoyer dans les usines, relations qui pourraient déboucher sur des unions qui sont inconcevables pour beaucoup car elles constitueraient une « subversion symbolique de l’ordre colonial » (p. 58). Tout est donc fait pour isoler ces immigrants du reste de la population et leur rapatriement sera expéditif une fois la guerre terminée.

Le regard sur l’immigration se complexifie aussi en fonction des alliances militaires. Certains étrangers sont des alliés, d’autres appartiennent à des nations neutres (les Espagnols, par exemple), pendant que d’autres sont des ennemis : environs 45 000 civils allemands et austro-hongrois ont été internés dans des « camps de concentration » (selon le terme de l’époque) pendant la guerre, et une loi d’avril 1915 rend possible la déchéance de nationalité et l’internement pour des ressortissants de nations ennemies naturalisés français avant-guerre mais dont on soupçonne la mauvaise foi.

Tirailleurs algériens en 1917

Tirailleurs algériens en 1917

Ce conflit marque un tournant tout aussi important dans le domaine de l’intervention de l’État qui se renforce considérablement pendant la période. La gestion administrative des étrangers prend véritablement forme à cette époque et de nombreuses lois concernant les immigrants sont votées, notamment celle de 1917 qui impose la carte d’identité aux étrangers présents sur le territoire national pour plus de quinze jours.

Comme le souligne Laurent Dornel, les représentations et les modes d’intervention en direction des étrangers se sont donc fortement complexifiées pendant la Grande Guerre qui constitue un tournant important, notamment dans la racialisation des identités coloniales et dans la différenciation qui s’impose alors entre une immigration de « race blanche » désirable pour les besoins de la reconstruction après-guerre et une immigration « de couleur » (qui inclut immigration africaine et asiatique) indésirable car considérée comme racialement inassimilable et inférieure.

L’ouvrage de Laurent Dornel constitue une belle synthèse qui, je l’espère, donnera lieu à un ouvrage plus fouillé. Il montre, à nouveau, à quel point le premier conflit mondial a joué un rôle fondamental dans le façonnement des identités des populations européennes et dans le rapport aux étrangers, notamment ceux venus d’outre-mer.

Plusieurs personnes m’ont fait remarquer qu’aucune bibliographie n’accompagne mon livre Lyon à l’italienne : deux siècles de présence italienne dans l’agglomération lyonnaise. Voici donc une sélection d’ouvrages, articles, documents, films, etc., directement en lien avec l’immigration italienne à Lyon, qui m’ont servi pour l’écriture de mon ouvrage. Vous pouvez reproduire librement cette bibliographie, en totalité ou partiellement, à condition d’en mentionner la source et l’auteur.

Italiani in Lione : strenna nazionale, cenni biografici

  Documents

  • Henri Baroin, La main-d’œuvre étrangère dans la région lyonnaise, Lyon, Bosc Fréres, 1935, 235 p.
  • Alexandre Bérard, L’invasion des étrangers et la taxe de séjour  : rapport présenté à la Société d’Economie politique de Lyon le 5 mars 1886, Lyon, Impr. de Mougin-Rusand, 1886, 44 p.
  • Albert Bournet, De la Criminalité en France et en Italie : étude médico-légale, Thèse de médecine, Université de Lyon, Lyon, 1884, 153 p.
  • Angelo Cerrina, Come si celebra la festa dello Statuto a Lione, Lyon, Tip. A. Cerrina, 1905, 32 p.
  • A. Frangini, Italiani in Lione : strenna nazionale, cenni biografici, Lyon, J. Gallet, 1899, 48 p.
  • Alexandre Lacassagne, « De la propagation de la variole par les ouvriers italiens employés dans les chantiers publics », Lyon médical, 1888, vol. 57, no 9, p. 344‑352.
  • Partito comunista d’Italia, Il terzo Congresso del Partito comunista d’Italia (sezione dell’Internazionale comunista), Milano, Feltrinelli, 1966, 30 p. [Le IIIe Congrès du Parti communiste d’Italie s’est déroulé à Lyon en 1926].
  • Raniero Paulucci di Calboli, Larmes et sourires de l’émigration italienne, Paris, Libr. Félix Juven, 1909, 312 p. [plusieurs chapitres évoquent la question de la main d’œuvre enfantine italienne à Lyon].
  • E. Perrod, « Immigrazione e colonie nel distretto consolare di Lione », Emigrazione e colonie. Raccolta di rapporti dei R.R. agenti diplomatici e consoltari, 1903, p. 222‑235.
  • E. Perrod, « I minorenni italiani nelle industrie lionesi », Bolletino dell’emigrazione, 1902, no 9, p. 50‑57.
  • Ernesto Schiaparelli, « Il traffico dei minorenni italiani per le vetrerie estere : seconda inchiesta nelle vetrerie della Loira, di Parigi, Lione e Marsiglia », Opera di assistenza degli operai italiani emigrati in Europa e nel Levante, 1902, vol. 2, no 5-6, p. 14‑22.
  • Ernesto Schiaparelli, « Il traffico dei minorenni italiani per le vetrerie estere : inchiesta nelle vetrerie di Lione e del dipartimento della Loira », Opera di assistenza degli operai italiani emigrati in Europa e nel Levante, 1901, vol. 1, no 3-4, p. 11‑25.
  • Giuseppe Tozzoni, Memorie della colonia italiana in Lione, Lyon, impr. de J.-B. Mosset, 1886, 47 p.
  • Amedeo Ugolini, Renato Mauri, et Cervo, La Gioventù italiana in Francia. Congresso di Villeurbanne, agosto 1938, Paris, Edizioni dell’A.G.I.F, 1938, 48 p.
  • Unione popolare italiana, Unione popolare italiana : congresso di Lione 28-29 marzo 1937, Paris, Unione popolare italiana, 1937, 43 p.
  • Del Sentimento nazionale in Italia. Ragionamento di un Siciliano, Lione, 1846.

Vita di militante

Témoignages

  • Claude Carrez, Ugo Iannucci, des baraques au Barreau : itinéraire d’un fils d’antifasciste italien, Lyon, Aléas, 2010, 366 p.
  • Arturo Colombi, Vita di militante : dalla prima guerra mondiale alla caduta del fascismo, Roma, Editori Riuniti, 1975, 290 p. [Comprend plusieurs chapitres concernant le séjour et l’action militante du communiste italien Arturo Colombi à Lyon].
  • Fogolâr Furlan de Lyon, Blocs di piere e scus di mandulis : Furlans à Lion = Blocs de pierre et coquilles d’amandes : Frioulans à Lyon, 2013, 477 p.
  • Carla Gobetti et Battista Santhià, « Lione era Torino : Conversazione con Battista Santhià », Mezzosecolo: materiali di ricerca storica, 1986 1985, no 6, p. 431‑443.
  • Carla Gobetti et Louise Breysse, « Intervista con Louise Giambone Breysse », Mezzosecolo: materiali di ricerca storica, 1986 1985, no 6, p. 418‑430.
  • Calogero Pace et Carmelo Pace, Droit de mémoire après 50 ans d’émigration de la communauté de Montedoro = Diritto di memoria dopo 50 anni d’emigrazione della comunità di Montedoro, Cercle Franco-Italien ; Peuplement et migrations, 2005, 64 p.
  • Schweitzer S. (dir.), Émigrer à Villeurbanne. Huit parcours d’étrangères et d’étrangers au 20e siècle, Lyon, Université Lyon 2, 2012, 133 p.
  • Jean Ughetto, Ombres et ambres, mes moires…, autoédité, 2004, 475 p.
  • Danilo Vezzio, Franca Potafieff, Albert Del Negro, et Mauro Russo, Di ca e di là di une frontiere, Lyon, Fogolâr Furlan de Lyon, 2009, 185 p.

Baraques

Ouvrages et articles

  • Simonetta Adorni-Braccesi, « Mecenatismo e propaganda religiosa dei mercanti lucchesi tra Ginevra, Lione e l’Italia », Bollettino della Società di studi valdesi, 1995, vol. 102, no 177, p. 27‑52.
  • Jean-Charles Bonnet, « Étude des petits commerçants étrangers dans l’agglomération lyonnaise (1919-1939) à partir du registre du commerce », Bulletin du centre d’histoire économique et sociale de la région lyonnaise, 1975, no 1, p. 1‑40.
  • Jean-Charles Bonnet, « Les Italiens dans l’agglomération lyonnaise à l’aube de la “Belle époque” », Affari sociali internazionali, 1977, no 3-4.
  • Jean-Charles Bonnet, « Notes sur les dossiers de naturalisation des Italiens du Rhône de 1880 à 1915 », Affari sociali internazionali, 1977, no 3-4, p. 225‑236.
  • Paolo Borruso, « La riorganizzazione missionaria per gli emigrati italiani nel sud-est francese negli anni Venti a Trenta », in Missioni cattoliche ed emigrazione italiana in Europa (1922-58), Istituto storico Scalabriniano, 1994, p. 15‑34 [Un chapitre traite de la Mission catholique italienne à Lyon].
  • Giovanna Campani, « Rapport di ricerca sui Sardi residenti nella zona di Lione », Rome, Ministero del Lavoro e Previdenza sociale, 1982.
  • Carlo Cartiglia, Rinaldo Rigola e il sindacalismo riformista in Italia, Milano, Feltrinelli, 1976, 209 p.
  • François Casati-Brochier, « Les Casati et les émeutes de Lyon en 1894 », Rive gauche, , no 135, p. 15‑18.
  • Michel Charret, Anticamente mie o il piacere del ricordo: sulla vita e sull’emigrazione di una famiglia delle valli valdesi e il suo insediamento nella regione di Lione, Pragelato, Casa editrice Parco Naturale Val Troncea, 2006, 176 p.
  • Abel Chatelain, « La formation de la population lyonnaise : l’apport italien (seconde moitié du XIXe siècle, début du XXe siècle) », Géocarrefour, 1952, vol. 27, no 4, p. 317‑325.
  • Olivier Chavanon, « Où sont passés nos Villages nègres ? », Revue européenne des migrations internationales, 1997, vol. 13, no 1, p. 191‑200.
  • Olivier Chavanon, « La topographie oubliée des immigrés en terre française », Hommes & Migrations, 2001, no 1231, p. 92‑102.
  • Chiorino G.P. (dir.), Biografie degli emigrati dalla Valle Elvo e Serra, Occhieppo superiore, Ecomuseo Valle Elvo e Serra, 2005, 384 p.
  • Claude Collin, « Les Italiens dans la MOI et les FTP-MOI à Lyon et à Grenoble », Guerres mondiales et conflits contemporains, 2005, no 218, p. 67‑83.
  • Stéphanie Condon, « Les courants migratoires italiens vers la Guillotière dans la première moitié du 20e siècle », Bulletin du Centre Pierre Léon d’histoire économique et sociale, 1992, vol. 1, p. 5‑12.
  • Claude Delmas, Troubles anti-italiens à Saint-Fons, en 1894, Saint-Fons, auto-édité, 1993, 63 p.
  • Philippe Dufieux, Sculpteurs et architectes à Lyon (1910-1960) : de Tony Garnier à Louis Bertola, Lyon, Mémoire active, 2007, 141 p.
  • Anne-Marie Faidutti-Rudolph, L’immigration italienne dans le sud Est de la France : étude géographique, Gap, Ophrys, 1964, 2 vol., 402 et 226 p. [Un chapitre est consacré à l’immigration italienne à Lyon].
  • Edmond Galasso, Italiens d’hier et d’aujourd’hui : l’histoire d’un peuple d’émigrants, une communauté, une culture, une tradition, Lyon, auto-édité, 1986, 223 p. [Ouvrage tiré d’un mémoire de maîtrise]
  • Roger Gay, « L’INCA, l’international à la “mode transalpine” », Cahier d’histoire sociale Rhône-Alpes, 2006, no 77, p. 6‑9.
  • Vincent Lemire et Stéphanie Samson, Baraques : l’album photographique du dispensaire La Mouche-Gerland, 1929-1936, Lyon, ENS Éditions, 2003, 94 p.
  • Mary Lewis, « Expulsion des étrangers : d’une mesure policière à une mesure administrative, le cas du Rhône, 1919-1939 », Actes de l’histoire de l’immigration, 1998.
  • Mary Lewis, The company of strangers : immigration and citizenship in interwar Lyon and Marseille, PhD, New York University, New York, 2000.
  • Mary Lewis, « Les pratiques d’expulsion dans le Rhône durant la crise », in Le bon grain de l’ivraie : l’Etat-Nation et les populations immigrés (fin XIXe siècle-début XXe siècle), Paris, Aux Lieux d’Être, 2006, p. 152‑163.
  • Pier Giorgio Longo (dir.), Chiesa, cattolici ed emigrazione in Valsesia, Varallo, Società valsesiana di cultura, Istituto per la storia della Resistenza e della società contemporanea in provincia di Vercelli « Cino Moscatelli. », 1992, 210 p.
  • Bernard Meuret, Croix Luizet : quartier de Villeurbanne, Paris, Ed. du CNRS, 1980, 76 p.
  • Gladys Motta (dir.), « Ogni strumento è pane »: l’emigrazione dei valsesiani nell’ottocento, Varallo, Istituto per la storia della Resistenza e della società comtemporanea in provincia di Vercelli « Cino Moscatelli », 1989, 276 p.
  • Jean-Luc de Ochandiano, « L’intégration des immigrés au sein des organisations syndicales : un enjeu central pour les syndicats du bâtiment de la région lyonnaise (1870-1940) », Cahier d’histoire sociale Rhône-Alpes, 2010, no 92, p. 13‑20.
  • Jean-Luc de Ochandiano, Lyon à l’italienne : deux siècles de présence italienne dans l’agglomération lyonnaise, Lyon, Lieux Dits, 2013, 272 p.
  • P. Piras, « Les cousins d’Amérique : à Mamaroneck (NY) comme à Villeurbanne, on pense à Roccasecca », Le Monde alpin et rhodanien, 1989, no 3-4, p. 23‑32.
  • Angela Regis, « Esperienze al margine della guerra : testimonianze di militari valsesiani », L’Impegno, 1995, vol. 15, no 3.
  • Franco Rizzi, « Approche prosographique de l’étude de l’émigration : départ et accueil », in Centre d’études et de documentation sur l’émigration italienne (dir.), L’immigration italienne dans les années 20 : actes du colloque organisé par le CEDEI les 15-16-17 octobre 1987 à Paris, Paris, CEDEI, 1988, p. 143‑161.
  • Christiane Roussé, Saint-Priest, histoire des immigrations italienne et espagnole : 1922-1945, Lyon, Éd. lyonnaises d’art et d’histoire, 1996, 175 p.
  • Sylvie Schweitzer, Rhône-Alpes : étude d’une région et d’une pluralité de parcours migratoires. Rapport final, Lyon, Université Lyon 2-LARHRA, 2008, 2 vol. (241 + 148 p.).
  • Philippe Videlier, « Les Italiens de la région lyonnaise », in Pierre Milza (dir.), Les Italiens en France de 1914 à 1940, Rome, Ecole française de Rome, 1986, p. 663‑691.
  • Philippe Videlier, Destin collectif et itinéraires individuels de deux immigrations : Italiens et Algériens dans la région lyonnaise de la Grande Guerre aux années cinquante., Mission Recherche Expérimentation (MIRE) – Ministère des Affaires sociales et de l’Emploi – Ministère de la Justice, 1988, 286 p.
  • Philippe Videlier, « Des voies de la migration. Italiens et Algériens dans l’espace lyonnais », Le Monde alpin et rhodanien, 1989, no 3-4, p. 9‑21.
  • Philippe Videlier, « L’Eglise des Italiens : une paroisse de la banlieue de Lyon », Diasporas, 2008, no 12, p. 130‑144.
  • L’Italia in esilio : l’emigrazione italiana in Francia tra le due guerre = L’Italie en exil : l’émigration italienne en France entre les deux guerres, s.l, Presidenza del consiglio dei ministri, Dipartimento per l’informazione e l’editoria, 1984, 605 p.

Lyon à l'italienne : deux siècle de présence dans l'agglomération lyonnaise - Jean-Luc de Ochandiano

Thèses et mémoires

  • Manon Assenat, Les enfants d’origine italienne du quartier de Croix-Luizet  à Villeurbanne : familles et parcours scolaires, 1945-1955, Mémoire de Master, Université Lyon 2, 2012, 144 p.
  • Lisa Baiamonte, Italiens à Lyon au XXe siècle : étude de cas : la communauté italienne à Gerland pendant l’entre-deux-guerres, Mémoire de Maîtrise, Université Lyon 2, 1999, 198 p.
  • Caroline Berthod, La mosaïque à Lyon au 19e siècle (1806-1914), Mémoire de maîtrise, Université Lyon 3, 2002, 140 p. + un vol. d’annexes.
  • Frédéric Blanc, Parcours et récits migratoires de familles italiennes, Mémoire de Maîtrise, Université Lyon 2, 1992, 92 p.
  • Catia Bonassin, Les étrangers à Gerland pendant l’entre-deux-guerres : exemple approfondi de la communauté italienne, Mémoire de Maîtrise, Université Lyon 2, 1995, 220 p.
  • Cécile Brun, Des Italiens à Lyon au milieu des années 1920, Mémoire de Master 1, Ecole normale supérieur de Lyon, 2012, 211 p.
  • Giovanna Campani, Les réseaux familiaux, villageois et régionaux des immigrés italiens en France, Thèse de 3e cycle, Université de Nice, 1988.
  • Olivier Chavanon, Chemins de la migration et espaces d’identification (le cas d’un dispositif familial de la province du Frosinone), Mémoire de DEA, Université Lyon 2, 1993, 74 p.
  • Olivier Chavanon, Anthropologie des formes et des fonctions sociales de la mémoire : Approche analytique des souvenirs individuels et collectifs de l’immigration italienne en France, Thèse de doctorat, Université de Perpignan, 1997, 370 p.
  • Stéphanie Condon, The settlement and integration of Italian immigrants in a working-class district of Lyon, PhD, Queen Mary College, 1987, 2 vol. (206,  187 p.).
  • Antonina Cutrona, La terra chiama: analisi di une realtà italiana a Lione, Mémoire de Master 1, Université de Milan, 2009, 31 p.
  • Clément Falda-Buscaiot, Les Italiens à Lyon dans l’entre-deux-guerres : une population sous l’œil de la police, Mémoire de master 1, Université Lyon 2, 2012, 115 p.
  • Frédérique Goy, Les italiens du quartier de La Guillotière pendant l’entre-deux-guerres : un exemple d’intégration, Mémoire de Maîtrise, Université Lyon 3, 1992, 105 p.
  • Julie Moreau, Les Italien-ne-s naturalisé-e-s dans le Rhône entre 1954 et 1970, Mémoire de Maîtrise, Université Lyon 2, 2001, 238 p.
  • Julien Perticaro, La dernière vague d’immigrés italiens dans l’agglomération lyonnaise : 1945-1960, Mémoire de Master, Université Lyon 3, 2004, 115 p.
  • Michel Pironi, La construction sociale de l’identité : étude micro-sociologique d’un réseau d’immigrés italiens, Université Lyon 2, 1986, 365 p.
  • Jean-Charles Rave, L’Italie à Lyon à la fin du XIXe siècle, Mémoire de Maîtrise, Université Lyon 2, 2003, 158 p.
  • Philippe Rigot, Aspects et diversité de la communauté immigrée italienne à La Guillotière, Mémoire de Maîtrise, Université Lyon 2, 1993, 103 p.
  • Roseline Seignobos, Les migrants italiens à la Croix-Rousse, Mémoire de Maîtrise de géographie, Université de Lyon, 1968, 75 p.

Sculpteurs

Films et émissions de radio

  •  Daniel Pelligra, L’Ile orpheline (vacances siciliennes) = l’Isola orfana (vacanze siciliane), Film documentaire, 86 mn, Peuplement et migrations ; Cercle Franco-Italien de Meyzieu, 2005.
  • « Le Village nègre : un non lieu de mémoire ? », 2 épisodes de l’émission Là-bas si j’y suis réalisées à l’initiative d’Olivier Chavanon, France Inter, 15-16/02/1994.

Jean-Luc de Ochandiano, le 20/11/2014.

Speriamo ! Mémoire de l'immigration italienneLe Rize de Villeurbanne organise une journée de rencontres et de réflexion sur les questions mémorielles liées à l’immigration italienne.

Speriamo ! Mémoires de l’immigration italienne
vendredi 28 novembre 2014 au Rize

Des dizaines de milliers d’Italiens sont venus s’installer en France sur plusieurs générations pour trouver du travail ou, minoritairement, pour des raisons politiques. Mais leur parcours individuel et collectif, la transmission de leurs cultures, nationale mais aussi régionale et locale, leurs langues, parfois l’absence de transmission, n’a pas fait l’objet d’un travail mémoriel important jusqu’à récemment. C’est le cas notamment dans l’agglomération lyonnaise, alors que cette immigration a pourtant représenté une part importante de l’apport de population étrangère de la région entre 1860 et 1960.

Journée d’étude organisée avec la collaboration scientifique de Jean-Luc De Ochandiano, historien, auteur du livre Lyon à l’italienne et Olivier Chavanon, sociologue à l’Université de Savoie.

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Programme détaillé (téléchargez la version pdf)

8h45 : Accueil café

9h15 : Se souvenir ?
Introduction par Xavier de la Selle, directeur du Rize
La matinée sera consacrée à interroger la nécessité d’un ancrage territorial pour les mémoires, alors que l’immigration a peu de « lieux de mémoire ». La disparition de lieux comme le « Village nègre » dans le 8e arrondissement de Lyon, la transformation rapide de quartiers ouvriers comme Gerland, Perrache, le quartier du Tonkin et à plus grande échelle de villes comme Villeurbanne, produisent un effacement des traces matérielles de l’immigration italienne. Quel impact cela peut-il avoir sur les processus mémoriels en
cours, sur les éléments de connaissance, de reconnaissance et de visibilité des mémoires de l’immigration italienne dans l’espace urbain de l’agglomération lyonnaise ? Cela nous renvoie également en écho à l’espace privé et aux pratiques familiales, servant ou non de points d’ancrage pour cette mémoire : la diversité des parcours individuels et familiaux permet-elle vraiment de tirer des fils conducteurs dans les mouvements d’appropriation de ses origines par les générations successives ?

9h30 : Histoire de l’immigration italienne et jeux de mémoire
Jean-Luc De Ochandiano, conservateur des bibliothèques et historien
Au fil de ses recherches sur l’histoire de l’immigration italienne à Lyon, Jean-Luc De Ochandiano a pu éclairer un panorama local riche et complexe, qu’il exposera en préambule de cette journée. Ce récit permettra de souligner que, dès le 19e siècle, des constructions identitaires et mémorielles sont en jeux autour et au sein de l’immigration italienne, qu’elles sont liées à des réalités locales mais aussi à des problématiques nationales, que ce soit la construction des États-nations, l’histoire des relations franco-italiennes ou l’importance grandissante ces dernières années d’un travail de mémoire sur l’immigration en France.

10h : L’immigration à l’épreuve des mémoires
Olivier Chavanon, sociologue à l’Université de Savoie
À partir de la projection du documentaire Mémoires d’un village nègre qu’il a réalisé en 1993 – 95 avec Frédéric Blanc, Olivier Chavanon se propose de mettre en perspective la mémoire migratoire en tant que construction sociale des individus, aller-retour permanent entre construction identitaire personnelle, familiale et représentations territoriales.

10h30: échanges avec la salle

11h : Reconstructions de la mémoire et territorialisation
Frédéric Blanc, ingénieur de recherche en anthropologie
L’étude de micro-groupes sociaux d’immigrés italiens vivant à Parilly, dans la banlieue de Lyon, a permis à Frédéric Blanc de travailler sur les processus de territorialisation et de définition identitaire et mémorielle de ces groupes. Il nous en présentera les différents aspects, comme par exemple, la confrontation à une représentation de soi imposée par l’extérieur.

11h30 : Langue et non-langue des Enfants d’Italiens, ruptures et continuités dans la mémoire de l’immigration italienne
Isabelle Felici, professeur en études italiennes, Université Paul Valéry Montpellier 3
À partir, notamment, de l’analyse des témoignages rassemblés dans ses ouvrages Racines italiennes (Laboratoire Babel, Toulon, 2006) et Enfants d’Italiens, quelle(s) langues parlez-vous ? (GEHESS, Toulon, 2009, en collaboration avec Jean-Charles Vegliante, CIRCE Paris 3) et dans un troisième volume en cours de publication intitulée Sur Brassens et autres enfants d’Italiens, Isabelle Felici interrogera la complexité du lien au pays d’origine au travers du prisme de la langue.

12h : échanges avec la salle
12h30 : repas libre

14h : Transmettre ?
Introduction par Anne-Catherine Marin, directrice des Archives municipales de Lyon
L’après-midi permettra d’interroger le rôle des acteurs associatifs, institutionnels et des politiques publiques sur les questions d’histoire et de mémoire de l’immigration. Du côté des institutions, musée ou archives notamment, comment collecte-t-on aujourd’hui la mémoire de l’immigration ? Que conserve-t-on (et donc que rejette-t-on) de cette mémoire et comment la met-on à disposition du public ? D’une manière plus large, l’immigration italienne ne semble pas avoir vraiment fait mémoire dans le Grand Lyon, est-ce parce que c’est une agglomération qui s’intéresse peu à son histoire migratoire et ouvrière ? Quelle est la place des associations dans cette transmission ? A-t-elle plus de place dans d’autres villes, d’autres régions de forte immigration ? Cet après-midi interrogera d’une manière transversale comment la mise en visibilité, dans l’espace social, des mémoires de l’immigration, transforme l’image que l’on a de soi, de son parcours et de sa place dans l’espace social.

14h30 : Le Festival du Film italien de Villerupt
Oreste Saccheli, président du Festival
Fondé en 1976, le Festival du film italien de Villerupt en Lorraine remporte une forte adhésion du public et a suscité l’intérêt de nombreux chercheurs quant à son originalité et son identité, entre émigration et milieu ouvrier, ethnographie et multiculturalisme, même si les organisateurs ne tiennent pas à être enfermés dans ces catégories. Oreste Saccheli se propose d’interroger le Festival comme centre d’une vaste zone d’« italianité diffuse » sans que cette « italianité » ne soit au coeur des ambitions de la manifestation pour autant.

15h : L’exposition « Un air d’Italie », la présence des Italiens en Isère à Grenoble
Olivier Cogne, chargé d’expositions au Musée Dauphinois
Le Musée Dauphinois a fait le choix, de longue date, d’élargir sa mission pour évoquer la diversité culturelle, en présentant notamment l’histoire des communautés d’origine étrangère. Olivier Cogne présentera l’exposition Un air d’Italie produite en 2011, qui a également exploré cette notion « d’italianité », définie comme un « sentiment diffus, d’appartenance à une terre, à une langue, à une culture, que chaque Italien d’origine porte en lui. »

15h30 : Le Musée Paolo Cresci de Lucca : une mémoire nationale dans un petit musée local
Silvia Bernardi, collaboratrice du Musée Cresci sur l’immigration à Lucca (Toscane)
Dans l’Italie des années 1970, l’épuisement du phénomène migratoire se manifeste à travers le début d’un jeu de commémorations qui marquent la nécessité d’un recouvrement de la mémoire des émigrés italiens. Le désir de représentation de ce chapitre de l’histoire nationale transforme cette initiative, entre la fin des années 1990 et le début du 21e siècle, en musées ou sections de musées dédiées à l’émigration, principalement au niveau local. Silvia Bernardi analysera ces aspects à travers le cas de la naissance du Musée Paolo Cresci de Lucca, doté d’un des plus grands fonds d’archives sur le thème en Italie.

16h : échanges avec la salle

16h30 : La mémoire collective : un processus immatériel ?
Jacques Barou, directeur de recherches émérite au CNRS laboratoire PACTE de Grenoble
Conclusion de la journée.

Entrée libre
Accès : 23 rue Valentin Haüy 69100 Villeurbanne
Contacts :
04 37 57 17 17
lerize@mairie-villeurbanne.fr

Anniversaire de ThomasMercredi 12 novembre, à 18h30,
aux Archives municipales de Lyon,
projection du film :

L’anniversaire de Thomas :
Villerupt, ville du fer

Suivi d’un débat organisé par Ciné-Travail avec le réalisateur, Jean-Paul Menichetti, et Jean-Luc de Ochandiano, historien de l’immigration

Le film nous raconte l’histoire des immigrés italiens qui ont quitté leur pays pour s’enfoncer dans les mines et les usines de la Lorraine du Nord.
Cent ans après, les hauts-fourneaux ont cessé d’embraser le ciel jour et nuit. Sont demeurés des hommes sans travail, sans identité. Leurs enfants prolongent leur histoire et et font œuvre de mémoire à travers ce film.

Entrée gratuite.

Virginie AimoneJeudi 6 novembre , à 19h, aux Archives municipales de Lyon, le collectif Manifeste Rien propose un spectacle tiré de l’ouvrage de l’historien Gérard Noiriel,

Le massacre des Italiens

Le spectacle s’inspire des événements survenus les 16 et 17 août 1893, à Aigues-Mortes (France) : plus d’une dizaine d’Italiens venus travailler dans les salines d’Aigues-Mortes avaient été lynchés par des villageois et des ouvriers français employés. J’avais rendu compte de cet ouvrage dans un billet de ce blog.

Cet événement sert, pour l’historien et les artistes, de porte d’entrée pour s’interroger  et nous questionner sur le racisme dans nos sociétés républicaines. Un débat aura d’ailleurs lieu, après le spectacle, avec Gérard Noiriel.

Venez nombreux à ce spectacle qui accompagne le colloque sur « Les Italiens à Lyon » du 6 et 7 novembre. L’après-midi du 6 novembre, les communications du colloques seront d’ailleurs consacrées à la xénophobie anti-italienne à la fin du 19e siècle et aux trois grands événements xénophobes qui ont touché les Italiens en France à cette époque : les « vêpres marseillaises » en 1881, le massacre d’Aigues-Mortes en 1893, les attaques anti-italienne de Lyon en 1894. Pour en savoir plus sur le colloque, consulter le précédent billet.

Massacre-des-Italiens1

Texte : Gérard Noiriel / Mise en scène : Jérémy Beschon / Comédienne : Virginie Aimone / 
Production Martine Derrier (Les Petits Ruisseaux)

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