Monde ouvrier


L’association Mémoire Rhône-Alpes organise, sous la direction de Claude Pennetier, directeur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, la table ronde

« Mémoire(S) du mouvement ouvrier à Villeurbanne »

Elle aura lieu mercredi 4 mars de 14 à 17 heures au Rize à Villeurbanne (23, rue Valentin Haüy) :

  • Claude Pennetier : Ouvriers et militants du mouvement ouvrier de Villeurbanne
  • François Ménétrier : 1909-1939: aperçu des premières années du syndicalisme des personnels communaux de Villeurbanne
  • Alain Bujard : Villeurbanne: la solidarité ouvrière et les Brigades internationales à l’heure de la guerre d’Espagne
  • Nathalie Viet-Depaule : La solidarité ouvrière et les prêtres ouvriers villeurbannais.

Pour en savoir plus

Maitron - Dictionnaire biographique que mouvement ouvrier

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Exposition Lyon l'ItalienneL’exposition Lyon l’italienne vient de fermer ses portes aujourd’hui.

Merci aux milliers de personnes qui se sont déplacées pour venir la voir.
Merci aussi à tous ceux qui ont contribué à son succès en se mobilisant autour de ce projet.
Merci en particulier à Anne-Catherine Marin, directrice des Archives municipales de Lyon, pour m’avoir offert la possibilité de montrer l’histoire des dizaines de milliers d’Italiens qui ont rejoint l’agglomération de Lyon depuis le 19e siècle.

Pour ceux qui n’ont pas pu venir aux Archives municipales de Lyon et découvrir les nombreux documents et objets exposés, ou qui veulent se replonger dans cette histoire, il est possible :

Livret de l'exposition "Lyon l'italienne"

  • de suivre en ligne la conférence que j’ai faite à l’université Jean Moulin Lyon 3 le 18 novembre 2013.

Lyon à l'italienne : deux siècle de présence dans l'agglomération lyonnaise - Jean-Luc de Ochandiano

Xavier Nerrière - Images du travailXavier Nerrière, l’un des animateurs du Centre d’Histoire du Travail de Nantes, vient de publier  Images du travail : les collections du Centre d’Histoire du Travail de Nantes.
Dans ce livre, il se penche sur le fonds iconographique important que possède cet organisme. C’est pour lui l’occasion de mener une réflexion historique, social, juridique et militante sur le statut de la photographie dans le monde ouvrier, et sur la manière dont les classes populaires se sont emparées de ce média pour produire des récits et des représentations qui leur sont propres. Aujourd’hui, à l’heure où l’espace industriel est en train de disparaître dans nos sociétés, ces fonds photographiques, dont de nombreux clichés sont reproduits dans le livre, témoignent de cette histoire et constituent une mémoire qu’il est important de conserver et de faire connaître.

La photographie du monde du travail a une histoire assez récente. Ce n’est que dans les années 1930 que certains photographes placent cet objet au centre de leurs projets avec, en particulier, comme le rappelle l’auteur, l’œuvre exceptionnelle de François Kollar qui a produit des centaines de clichés pour la collection La France travaille. Ces réalisations, qui s’intéressent aux ouvriers, à leurs savoir-faire et aux gestes de travail, rompent avec la photographie industrielle dont l’objectif était, jusqu’alors, de montrer les usines, leur organisation productive et non pas le travail ouvrier, et encore moins les ouvriers en tant que groupe social et communauté laborieuse.

Kollar - Pose d'ardoises

François Kollar – Pose des ardoises, Paris – La France travaille, 1931

C’est aussi pendant l’entre-deux-guerres que les appareils photos se diffusent dans les milieux populaires et que certains ouvriers commencent à photographier leur milieu de travail. Aussi, ce n’est pas un hasard si les grèves de 1936 vont voir coexister des clichés réalisés par des amateurs et ceux pris par une nouvelle génération de professionnels engagés (Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, Robert Capra…) qui sont en empathie avec le milieu qu’ils photographient. Pour les uns, les grèves sont l’occasion de s’emparer de la représentation de leur groupe social, de produire des photographies de l’intérieur (d’ailleurs, pour l’auteur, il existe un lien, dans le monde ouvrier, entre le fait de photographier le travail et l’engagement politique et social). Pour les autres, il s’agit de proposer un autre type de photos qui semble se dépouiller de tout style pour témoigner le plus objectivement de l’événement. Cette photographie humaniste produira des clichés qui ont une certaine parenté avec ceux réalisés par les ouvriers au même moment : formellement assez libres, immergés dans l’instant et le groupe photographié, ils rendent compte d’un moment de grande liberté et de créativité.

Mais cette parenthèse sera de courte durée et, dès l’après-guerre, la photographie du travail s’éloigne de ce projet et devient plus esthétisante et conceptuelle. Dans cette période d’accélération de la rationalisation du travail et de maîtrise de leur image par les entreprises, les ouvriers disparaissent des photographies au profit de clichés qui privilégient l’organisation du travail, la machine et la modernité de l’appareil productif, même si mai 68 renouera avec l’expérience de 1936.

Chantier boulevard des Belges-1925

Chantier de la coopérative l’Avenir, boulevard des Belges, Lyon, 1925

C’est pourquoi les photographies réalisées par les ouvriers dans leurs entreprises ont d’autant plus d’intérêt. Pour l’auteur elles constituent une forme d’« écriture photographique » que réalise l’ouvrier sur son propre milieu. Il s’interroge d’ailleurs sur la différence de traitement entre les écrits ouvriers, qui ont largement été étudiés par les historiens et les sociologues, et les corpus photographiques réalisés par des ouvriers qui n’ont pas connus un tel engouement. Ils apportent pourtant un témoignage unique sur les ambiances de travail, sur l’usine montrée comme un lieu de vie autant qu’un lieu de travail, ils portent une parole propre et constituent une « auto-représentation » du monde ouvrier qui, à ce titre, est inestimable.

Ces travaux photographiques réalisés par les ouvriers peuvent aussi constituer des formes de résistance à la disparition des groupes ouvriers, notamment dans les années 1970-1990, lorsque les usines et, à Nantes, les chantiers navals, ont commencé à fermer leurs portes. Non seulement en conservant la mémoire des lieux, des individus, des gestes, etc., mais en révélant aussi, par l’image, le groupe à lui-même (à l’occasion, par exemple, d’expositions comme à Nantes dans les années 1980). La photographie peut donc aussi être un vecteur de mobilisation et a permis, très tôt, à Nantes, une patrimonialisation de l’histoire ouvrière liée à la construction navale.

Cet ouvrage, qui se veut « un plaidoyer pour une photographie populaire », constitue donc une réflexion très intéressante, enrichie par les nombreuses analyses d’images, par l’étude fine de corpus photographiques, et par les différents points de vue abordés (dont ce court texte ne rend pas compte). Seul bémol : pour un ouvrage sur la photographie, on aurait aimé que l’iconographie soit mieux traitée. Malheureusement, l’éditeur n’a pas vraiment été à la hauteur de l’enjeu que problématise l’auteur. Mais cela ne doit pas nous détourner de cet ouvrage très riche.

Xavier Nerrière, Images du travail : les collections du Centre d’Histoire du Travail de Nantes, Presses Universitaires de Rennes, 2014, 172 p, 24 €.

Virginie AimoneJeudi 6 novembre , à 19h, aux Archives municipales de Lyon, le collectif Manifeste Rien propose un spectacle tiré de l’ouvrage de l’historien Gérard Noiriel,

Le massacre des Italiens

Le spectacle s’inspire des événements survenus les 16 et 17 août 1893, à Aigues-Mortes (France) : plus d’une dizaine d’Italiens venus travailler dans les salines d’Aigues-Mortes avaient été lynchés par des villageois et des ouvriers français employés. J’avais rendu compte de cet ouvrage dans un billet de ce blog.

Cet événement sert, pour l’historien et les artistes, de porte d’entrée pour s’interroger  et nous questionner sur le racisme dans nos sociétés républicaines. Un débat aura d’ailleurs lieu, après le spectacle, avec Gérard Noiriel.

Venez nombreux à ce spectacle qui accompagne le colloque sur « Les Italiens à Lyon » du 6 et 7 novembre. L’après-midi du 6 novembre, les communications du colloques seront d’ailleurs consacrées à la xénophobie anti-italienne à la fin du 19e siècle et aux trois grands événements xénophobes qui ont touché les Italiens en France à cette époque : les « vêpres marseillaises » en 1881, le massacre d’Aigues-Mortes en 1893, les attaques anti-italienne de Lyon en 1894. Pour en savoir plus sur le colloque, consulter le précédent billet.

Massacre-des-Italiens1

Texte : Gérard Noiriel / Mise en scène : Jérémy Beschon / Comédienne : Virginie Aimone / 
Production Martine Derrier (Les Petits Ruisseaux)

Colloque "Les Italiens à Lyon"Avec des collègues historiens et italianistes, nous organisons un colloque sur l’immigration italienne à Lyon. Voici toutes les informations le concernant. Il se déroulera le jeudi 6 novembre à l’Université Jean-Moulin Lyon 3, et le vendredi 7 novembre aux Archives municipales de Lyon.

Les Italiens à Lyon : Espace urbain, identités nationales et représentations

Pendant un siècle (1860-1960), l’immigration italienne a constitué, une part majeure des flux migratoires vers l’agglomération lyonnaise. Aussi, son histoire, qui est encore largement à écrire, peut offrir de multiples points de vue pour mieux comprendre la place assignée aux immigrants dans l’espace urbain de l’agglomération lyonnaise et au sein du monde ouvrier, pour se pencher sur l’émergence et la construction des réactions de rejet et de violence qu’ils ont pu subir, et étudier les représentations multiformes dont ils ont été l’objet au cours de la période.

Organisateurs : LARHRA – Triangle – Département d’Italien de Lyon 3 – Archives municipales de Lyon
Télécharger le programme du colloque

Programme détaillé

Jeudi 6 novembre 2014, Université Jean Moulin Lyon 3

10h – Accueil

10h30 – Présidence et Introduction du colloque : Pierre GIRARD, professeur d’études italiennes, université Jean Moulin Lyon 3, membre du CERPHI

10h45 – Marie-Claude BLANC-CHALEARD, professeur d’histoire contemporaine émérite, Université de Paris Ouest, membre du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (UMR 8058)
L’histoire de l’immigration italienne en France. Retour sur trente ans de recherche

11h30 – Antonio BECHELLONI, historien, Université Charles de Gaulle – Lille 3
Vingt-cinq ans de recherches sur l’immigration italienne en France en perspective (1983-2008)
Débats

12h30 – Déjeuner

Identité nationale et xénophobie

Présidence : Romain DESCENDRE, Professeur d’études italiennes à l’ENS de Lyon, membre de Triangle (UMR 5206)
14h – Introduction par Laurent DORNEL

14h15 – Stéphane MOURLANE, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille, membre de TELEMME (UMR 7303)
Les Vêpres marseillaises (1881) : retour sur une crise xénophobe fondatrice

14h45 – Gérard NOIRIEL, directeur d’études à l’EHESS, membre de l’IRIS (UMR 8156)
Le massacre des Italiens à Aigues-Mortes : socio-histoire d’un événement xénophobe

15h15 – Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Professeur d’histoire contemporaine émérite, Université Lyon 1, membre du LARHRA (UMR 5190)
« Chers voisins » : les émeutes anti-italiennes à Lyon en 1894 après l’assassinat de Sadi Carnot

16h – Pause
16h30 – Table-ronde animée par Laurent DORNEL avec Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Gérard NOIRIEL et Stéphane MOURLANE
Nationalisation du monde ouvrier et violences xénophobes à la fin du XIXe siècle

17h – Jean-Luc DE OCHANDIANO, membre associé du LARHRA (UMR 5190)
Xénophobie et réorganisation ouvrière dans le bâtiment de Lyon (1880-1914)

Vendredi 7 novembre 2014, Archives municipales de Lyon

Les Italiens dans l’espace urbain : Gerland (1930-1960)

Présidence : Michelle ZANCARINI-FOURNEL
10h – Pauline GUIGNARD, étudiante en master 2, Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Les Italiens des baraques de Gerland et la crise des années 1930

10h30 – Jean-Luc PINOL, professeur des universités en histoire contemporaine, ENS de Lyon, membre du LARHRA (UMR 5190)
Cartographier les baraques de Gerland : quelle place dans l’immigration italienne du quartier

11h – Xavier VIGNA, maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Bourgogne, membre du Centre Georges Chevrier (UMR 7366), membre junior de l’IUF
« Les défricheuses de la zone » : récit sur les baraques de Gerland
Débats
12h – Déjeuner

Discours, récits et représentations de l’immigration italienne

Présidence : Stéphanie LANFRANCHI, maîtresse de conférences en études italiennes, ENS de Lyon, membre de Triangle (UMR 5206)
14h30 – Laurent DORNEL, maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Pau, membre de l’ITEM (EA 3002)
Les Italiens et la race latine dans la presse française (années 1880-1900)

15h15 – Laurent BAGGIONI, maître de conférences en études italiennes, Université Jean Moulin Lyon 3, membre de Triangle (UMR 5206)
La figure de l’immigré dans la pensée sociologique au début du XXe siècle

16h00 – Alessandro MARTINI, maître de conférences en études italiennes, Université Jean Moulin – Lyon 3, membre du GERCI
« Un émigré, un aventurier, un héros » : Mario Soldati et l’Amérique (America primo amore, 1935)

Madeleine et François AlloisioIl y a presque une vingtaine d’années, je rencontrai pour la première fois François et Madeleine Alloisio. François est un ancien menuisier, militant important du secteur du bâtiment dans les années 1950-80. Il a connu les anciens syndicalistes ouvriers du bâtiment de l’entre-deux-guerres et c’est à ce titre que je l’avais interviewé à l’époque. Mais nous avions déjà parlé de son parcours d’immigré italien, du quartier de la Gare, à Saint-Priest, où il a passé la plus grande partie de son enfance et où vivait aussi Madeleine Bobbio qui est devenue ensuite son épouse.

Depuis, nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises et, il y a quelques mois, nous avons repris notre dialogue, devant une caméra, avec l’aide de Charles Ramain, responsable de l’Institut d’histoire CGT du Rhône, et celle de Damien Prévost qui anime la rubrique italienne du site web La Clé des Langues et qui, pour cette occasion, tenait la caméra.

Consultez la vidéo sur La Clé des Langues

Vous pourrez ainsi découvrir deux figures ouvrières italiennes et lyonnaises de l’après-guerre liées au Parti communiste. François Alloisio, membre actif de l’INCA (Istituto Nazionale Confederale di Assistenza) s’est battu pour la défense des droits des travailleurs immigrés et particulièrement des  Italiens. Madeleine Alloisio, membre active de la CGT à Lyon, a aussi eu un fort engagement politique dans la commune de Saint-Priest. Tous deux nous parlent de la lutte syndicale, de l’antifascisme, de leurs victoires et du temps de la dernière grande vague d’immigration italienne.

Mon ouvrage, Lyon à l’italienne : deux siècles de présence italienne dans l’agglomération lyonnaise, sur lequel je travaille depuis 4 ans, est désormais en librairie. Ce beau livre, destiné à un large public, se penche sur deux siècles d’immigration italienne dans notre agglomération.

Lyon à l'italienne

Il s’intéresse notamment aux lieux d’origine des immigrants italiens, aux métiers qu’ils ont occupés et aux quartiers qui les ont accueillis, à leur relation avec la population française, aux phénomènes de rejet qu’ils ont connus, à leur intégration progressive dans l’espace de l’agglomération, et à la mémoire qu’a laissé cette immigration, la plus importante de Lyon depuis le XIXe siècle et jusque dans les années 1960.
L’ouvrage, qui contient 350 illustrations, veut aussi donner à voir ces immigrants dans les différents quartiers où ils ont vécu.

Dans un prochain billet, je vous parlerai des prochaines initiatives qui auront lieu autour du livre.

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