Ouvriers du bâtiment


Colloque "Les Italiens à Lyon"Avec des collègues historiens et italianistes, nous organisons un colloque sur l’immigration italienne à Lyon. Voici toutes les informations le concernant. Il se déroulera le jeudi 6 novembre à l’Université Jean-Moulin Lyon 3, et le vendredi 7 novembre aux Archives municipales de Lyon.

Les Italiens à Lyon : Espace urbain, identités nationales et représentations

Pendant un siècle (1860-1960), l’immigration italienne a constitué, une part majeure des flux migratoires vers l’agglomération lyonnaise. Aussi, son histoire, qui est encore largement à écrire, peut offrir de multiples points de vue pour mieux comprendre la place assignée aux immigrants dans l’espace urbain de l’agglomération lyonnaise et au sein du monde ouvrier, pour se pencher sur l’émergence et la construction des réactions de rejet et de violence qu’ils ont pu subir, et étudier les représentations multiformes dont ils ont été l’objet au cours de la période.

Organisateurs : LARHRA – Triangle – Département d’Italien de Lyon 3 – Archives municipales de Lyon
Télécharger le programme du colloque

Programme détaillé

Jeudi 6 novembre 2014, Université Jean Moulin Lyon 3

10h – Accueil

10h30 – Présidence et Introduction du colloque : Pierre GIRARD, professeur d’études italiennes, université Jean Moulin Lyon 3, membre du CERPHI

10h45 – Marie-Claude BLANC-CHALEARD, professeur d’histoire contemporaine émérite, Université de Paris Ouest, membre du Centre d’histoire sociale du XXe siècle (UMR 8058)
L’histoire de l’immigration italienne en France. Retour sur trente ans de recherche

11h30 – Antonio BECHELLONI, historien, Université Charles de Gaulle – Lille 3
Vingt-cinq ans de recherches sur l’immigration italienne en France en perspective (1983-2008)
Débats

12h30 – Déjeuner

Identité nationale et xénophobie

Présidence : Romain DESCENDRE, Professeur d’études italiennes à l’ENS de Lyon, membre de Triangle (UMR 5206)
14h – Introduction par Laurent DORNEL

14h15 – Stéphane MOURLANE, maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille, membre de TELEMME (UMR 7303)
Les Vêpres marseillaises (1881) : retour sur une crise xénophobe fondatrice

14h45 – Gérard NOIRIEL, directeur d’études à l’EHESS, membre de l’IRIS (UMR 8156)
Le massacre des Italiens à Aigues-Mortes : socio-histoire d’un événement xénophobe

15h15 – Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Professeur d’histoire contemporaine émérite, Université Lyon 1, membre du LARHRA (UMR 5190)
« Chers voisins » : les émeutes anti-italiennes à Lyon en 1894 après l’assassinat de Sadi Carnot

16h – Pause
16h30 – Table-ronde animée par Laurent DORNEL avec Michelle ZANCARINI-FOURNEL, Gérard NOIRIEL et Stéphane MOURLANE
Nationalisation du monde ouvrier et violences xénophobes à la fin du XIXe siècle

17h – Jean-Luc DE OCHANDIANO, membre associé du LARHRA (UMR 5190)
Xénophobie et réorganisation ouvrière dans le bâtiment de Lyon (1880-1914)

Vendredi 7 novembre 2014, Archives municipales de Lyon

Les Italiens dans l’espace urbain : Gerland (1930-1960)

Présidence : Michelle ZANCARINI-FOURNEL
10h – Pauline GUIGNARD, étudiante en master 2, Université Paris-Est Marne-la-Vallée
Les Italiens des baraques de Gerland et la crise des années 1930

10h30 – Jean-Luc PINOL, professeur des universités en histoire contemporaine, ENS de Lyon, membre du LARHRA (UMR 5190)
Cartographier les baraques de Gerland : quelle place dans l’immigration italienne du quartier

11h – Xavier VIGNA, maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Bourgogne, membre du Centre Georges Chevrier (UMR 7366), membre junior de l’IUF
« Les défricheuses de la zone » : récit sur les baraques de Gerland
Débats
12h – Déjeuner

Discours, récits et représentations de l’immigration italienne

Présidence : Stéphanie LANFRANCHI, maîtresse de conférences en études italiennes, ENS de Lyon, membre de Triangle (UMR 5206)
14h30 – Laurent DORNEL, maître de conférences en histoire contemporaine, Université de Pau, membre de l’ITEM (EA 3002)
Les Italiens et la race latine dans la presse française (années 1880-1900)

15h15 – Laurent BAGGIONI, maître de conférences en études italiennes, Université Jean Moulin Lyon 3, membre de Triangle (UMR 5206)
La figure de l’immigré dans la pensée sociologique au début du XXe siècle

16h00 – Alessandro MARTINI, maître de conférences en études italiennes, Université Jean Moulin – Lyon 3, membre du GERCI
« Un émigré, un aventurier, un héros » : Mario Soldati et l’Amérique (America primo amore, 1935)

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Le livre que j’ai publié fin 2008, Lyon, un chantier limousin : les maçons migrants (1848-194o) n’était plus disponible depuis 2 ans. Les éditions Lieux Dits l’ont réédité fin octobre. Le livre a été revu et corrigé, il comporte 8 pages d’illustrations supplémentaires, il est relié et sous jaquette. Bref, c’est un beau livre et je vous incite à l’offrir pour noël ;-).

Pour celles et ceux qui ne le connaissent pas, l’ouvrage parle des migrants venant du Limousin (et un peu de l’Auvergne) qui ont joué un rôle très important dans le bâtiment de Lyon. Ces migrants saisonniers ont depuis longtemps fait des allers-retours régulier entre leurs terres et les chantiers de Lyon. Mais à partir de la 2e moitié du 19e siècle, au moment où Lyon connaît une mutation urbaine sans précédent, ces hommes commencent à abandonner leurs exploitations avec femmes et enfants pour se fixer en ville. C’est à cette époque qu’ils commencent à revendiquer de nouveaux droits sociaux et professionnels et que se créent les premiers syndicats du bâtiment. L’ouvrage essaie de montrer l’intégration progressive de ces paysans à un espace urbain qui est en pleine transformation, et à une industrie qui connaît des évolutions profondes et s’industrialise. Il parle aussi de l’évolution urbaine de Lyon, de sa conquête des faubourgs puis des communes qui deviendront la banlieue. Il propose, notamment, une importante iconographie des chantiers emblématiques de Lyon (percement de la rue Impériale qui est devenue ensuite la rue de la République ; construction de la préfecture, urbanisation de la Guillotière et création des quais, rénovation du quartier Grolée, construction du canal de Jonage, création des premiers ensembles de HBM et naissance du quartier des Etats-Unis et des Gratte-Ciel, etc.). C’est donc un livre sur Lyon autant que sur les migrants qui ont participé à la construction de cette ville.

Librairie Lettres à croquerDernière information : je serai à la librairie Lettres à croquer le samedi 3 décembre 2011 de 15h à 18h pour dédicacer mon livre, vous le faire découvrir et en parler avec ceux qui s’intéressent aux questions dont il traite.

Lettres à croquer est un librairie très sympa qui existe depuis quelques années à Villeurbanne et je suis heureux d’y présenter mon livre.
Son adresse est la suivante : 104 cours Emile Zola 69100 Villeurbanne. Elle est juste à côté de l’arrêt de métro « République ».

Martin Nadaud - Léonard, maçon de la CreuseIl y a quelques jours, j’ai fait une conférence sur la construction à Lyon entre 1850 et 1914, et j’ai évoqué le très beau texte autobiographique de Martin Nadaud qui a été ouvrier maçon à Paris entre 1830 et 1849. A cette occasion, je me suis rendu compte à quel point ce document est inconnu du public alors que c’est un des rares textes autobiographiques écrits au 19e siècle et traitant de la condition ouvrière.
Martin Nadaud a eu un destin hors du commun, puisqu’ouvrier maçon, il est élu député de la Creuse sous la IIe République. Il doit ensuite s’exiler après le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte et redevient député du canton de Bourganeuf sous la IIIe République. Mais, pendant une vingtaine d’années, il a partagé les conditions de vie et de travail des autres migrants saisonniers venus du Limousin qui alimentent alors les chantiers de Paris comme de Lyon. Son témoignage est très riche sur les garnis du centre-ville où s’entassent ces maçons-paysans, sur le travail sur les chantiers, sur les relations tissées au sein de cette diaspora, sur la politisation d’une partie de ces migrants au contact de l’espace urbain, etc.

Martin Nadaud, député en 1849

On pourrait dire beaucoup de choses sur ce livre que Martin Nadaud a écrit à la fin de sa vie, mais le mieux c’est encore de le lire. L’ouvrage, longtemps édité par les éditions Maspéro puis par La Découverte, sous le titre de Léonard, maçon de la Creuse, est malheureusement aujourd’hui indisponible. Espérons qu’un éditeur aura le courage de rééditer ce témoignage irremplaçable. En attendant, il est possible de le lire sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France, et de le télécharger.

Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon / par Martin Nadaud,...

Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon

par Martin Nadaud
Source : Bibliothèque nationale de France

Revue D'onte ses ? n°2Au mois de mai dernier, j’ai organisé,  en partenariat avec le cinéma le Zola de Villeurbanne, une projection de films d’archives tournés par la coopérative ouvrière de BTP L’Avenir dans les années 1930. J’avais donné sur ce blog quelques éléments sur l’histoire de cette coopérative qui a joué un rôle très important dans l’industrie du bâtiment de l’agglomération lyonnaise. Dans mon livre, Lyon, un chantier limousin, je lui ai consacré aussi plusieurs pages et j’ai publié un certaines nombres de photos montrant les réalisations de cette entreprise atypique.

Dans sa dernière livraison, la revue D’onte ses ? lui consacre un article assez long rédigé par Raymond Lamarsalle et intitulé « L’avenir, une coopérative ouvrière de maçons à Lyon ». Bien documenté, cet article apporte de nouvelles informations sur la constitution et le développement de cette société qui a existé jusqu’en 1992 et qui a été, pendant plusieurs décennies, la plus grosse coopérative de France.

Contact de la revue D’onte ses ? :
Cercle Généalogique, Historique et Héraldique de la Marche et du Limousin (CGHHML)
54, rue Pierre et Marie Curie 87000 Limoges

Une petite info concernant une conférence que je vais faire autour de mon livre sur les maçons limousins dans l’agglomération lyonnaise.

Les maçons limousins au cœur des transformations urbaines de Lyon, 1830-1914

Elle aura lieu le samedi 29 janvier 2011 à 15h30, salle Charles Verger, 8 rue Hénon (à proximité de l’arrêt de métro Hénon).
Etant donné qu’elle se déroulera sur le plateau de la Croix-Rousse, elle me donnera l’occasion d’évoquer la participation des migrants du Limousin aux révoltes des canuts de 1831 et 1834.

Ce sera certainement l’une des dernières conférences que je ferai sur le sujet car je travaille, depuis un moment déjà, sur un autre projet d’ouvrage concernant l’immigration italienne dans l’agglomération lyonnaise entre 1815 et nos jours. Je vous en parlerai certainement dans les prochaines semaines.

Le dimanche 23 mai, Le Zola s’est associé à l’association Les maçons de la Creuse, pour proposer une projection inédite,  associant un documentaire et des images d’archives, qui a réuni environ 160 spectateurs. Ces films traitaient de la construction à Lyon et Villeurbanne, et du rôle important joué par les Limousins, depuis le 19e siècle et jusqu’au milieu du 20e siècle, dans cette industrie.
Mais avant d’en dire plus long sur le sujet, expliquons le point de départ de ce projet. Grâce aux informations d’Alain Liatard, l’ancien directeur et la mémoire du Zola, il a été possible de retrouver, dans les caves du cinéma, des bobines produites à Lyon et Villeurbanne dans les années 1930, dont de petits films réalisés par l’Avenir, une coopérative ouvrière de maçonnerie ayant joué un rôle très important dans l’agglomération lyonnaise.

Ces séquences filmées conservées par le Zola ont permis aux spectateurs de découvrir quelques chantiers du bâtiment des années 1930 : la construction de l’Hôtel-de-Ville de Villeurbanne, celle du quartier des Etats-Unis, plusieurs chantiers de HBM (les Habitations à Bon Marchés, ancêtres des HLM), etc. D’autres films tournés par la mairie de Villeurbanne vers 1934, complétaient les premières séquences. Ils montraient en détail le quartier des Gratte-Ciel tout juste sorti de terre et son environnement de l’époque : un habitat éparse, des usines dont les cheminées parsèment le paysage, des espaces encore vierges.


Au final, le matériau d’archive s’est révélé très intéressant car il nous montre des modes de construction qui ont disparues aujourd’hui et qui étaient spécifiques à la région lyonnaise. Il s’agit, en particulier de la technique du pisé qui a une histoire multiséculaire dans la région. Le pisé permettait, au départ, de construire des maisons à l’aide d’une terre argileuse que l’on compressait dans des coffrages à l’aide d’une masse. On trouve encore beaucoup de maisons en pisé à Villeurbanne, notamment sur la place des Maisons Neuves (qui porte donc bien mal son nom). Le pisé permettait de construire des murs monolithiques relativement solides, incombustibles, mais qui étaient sensibles à l’humidité du fait de l’usage de la terre comme matériau de base. D’où l’interdiction de la terre au milieu du 19e siècle et son remplacement par le mâchefer, un résidu de la combustion de la houille qui, mêlé à de la chaux, a été le matériau de base de la plupart des constructions populaires à Lyon  jusque dans les années 1950.

Gravure d'une maison en pisé - milieu 19e siècle

 

Les films d’archive, tournés par l’Avenir vers 1934, nous montrent aussi cette entreprise au moment où elle multiplie les chantiers d’envergure : construction de la plus grande partie du quartier des Etats-Unis, d’une partie des Gratte-ciel, de la mairie de Villeurbanne, de la faculté de médecine et de pharmacie, de l’Hôtel de la Poste de Lyon, de l’hôpital de Vienne, de nombreux groupes scolaires, etc. Mais quelle est l’origine de cette coopérative ouvrière dont l’histoire est intimement liée à celle de Lyon et Villeurbanne (une de ses dernières réalisation a été la Maison du Livre, de l’Image et du Son au début des années 1990) ?

 

L’Avenir a été fondée en 1919 par des ouvriers maçons qui viennent alors d’être démobilisés. Parmi eux, Antoine Charrial, qui sera directeur de l’Avenir pendant plusieurs décennies, a été le secrétaire du syndicat CGT des maçons de Lyon entre 1910 et 1913, puis le secrétaire de l’Union départementale CGT jusqu’à la mobilisation générale. Adrien Lemasson, qui sera son bras droit à la coopérative, lui a succédé à la tête du syndicat des maçons en 1913.  Tous les animateurs de l’Avenir sont d’anciens militants syndicaux qui croient alors que le modèle coopératif peut constituer une alternative au capitalisme et à la guerre dont ils ont fait la douloureuse expérience.

Fondateurs de la coopérative de BTP L'Avenir

Mais un autre point commun les unit. Tous, ou presque, sont originaires de la Creuse, de la Haute-Vienne ou de la Corrèze, les trois départements constituant le Limousin. Cela n’est pas le fruit du hasard. Depuis au moins le 18e siècle, la plupart des maçons travaillant à Lyon venaient de cette région. Il s’agissait, jusqu’à la fin du 19e siècle, de migrants saisonniers venant trouver de l’embauche pendant la belle saison sur les chantiers urbains afin d’échapper à la misère qui sévissait dans ces campagnes très enclavées et au climat très rude. Migrants de l’époque où l’immigration était encore balbutiante, ils étaient considérés comme de véritables étrangers et subissaient un rejet de la part de la population locale. Et ce n’est que vers 1880, alors que la migration saisonnière se transforme en exode rural, que ces Limousins commencent à prendre leur place dans l’espace de la ville et à revendiquer de nouveaux droits, notamment dans le domaine du travail.
L’histoire de ces migrants est riche et intimement lié au développement urbain de l’agglomération lyonnaise. C’est pourquoi, en partenariat avec Les maçons de la Creuse, association visant à promouvoir les recherches sur cette histoire, une projection a été réalisée sur le sujet. Avant les archives de l’Avenir, un documentaire, Gabriel, Sylvain, Amédée, et autres maçons migrants de la Creuse, a permis de mieux comprendre l’histoire de cette filière migratoire limousine.

Le Cinéma le Zola et l’association Les Maçons de la Creuse s’associent pour organiser, le 23 mai 2010 à 16h, une séance de projection inédite autour des migrants limousins qui sont venus par milliers, depuis au moins le 18e siècle, pour travailler sur les chantiers de l’agglomération lyonnaise.
Cette projection a pour but de mieux comprendre cette migration limousine qui a précédé l’arrivée des travailleurs étrangers mais qui partage avec l’immigration bien des points communs. Elle nous donnera aussi l’occasion de voir en images les méthodes de travail particulières à la maçonnerie de la région lyonnaise. Elle permettra, enfin, de rendre un hommage à la coopérative ouvrière  de BTP L’Avenir qui a été fondée et animée par des Limousins (Antoine Charial, Adrien Lemasson, Léonard Biardoux, etc.), et qui a joué un rôle essentiel dans la maçonnerie lyonnaise jusque dans les années 1990.

Au programme de la séance :

  • Gabriel, Sylvain, Amédée, et autres maçons migrants de la Creuse. Documentaire de 30 mn sur les migrants limousins du bâtiment aux 19e et 20e siècles (réalisé par l’association Les Maçons de la Creuse et Télé Millevaches)
  • Intervention de Jean-Luc de Ochandiano, historien, sur les migrants limousins du bâtiment dans l’agglomération lyonnaise aux 19e et 20e siècles, et leur rôle dans la création de la coopérative ouvrière lyonnaise de BTP L’Avenir.
  • Films réalisés par la coopérative L’Avenir, 1933-34, 20 mn. Films d’archives montrant des chantiers de L’Avenir dans les années 30 : construction du quartier des États-Unis, de la mairie de Villeurbanne, de la Faculté de médecine, etc.
  • Débat et témoignages sur la construction à Lyon au cours des décennies passées et sur la place des Limousins dans le bâtiment de la région lyonnaise.

Prix de l’entrée : 4,20 euros

Cinéma le Zola : 117, Cours Emile Zola 69100 Villeurbanne
Accès métro : ligne A, arrêt « République »
Tél. : 04 78 93 42 65

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