Quartiers ouvriers


L’association Mémoire Rhône-Alpes organise, sous la direction de Claude Pennetier, directeur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, la table ronde

« Mémoire(S) du mouvement ouvrier à Villeurbanne »

Elle aura lieu mercredi 4 mars de 14 à 17 heures au Rize à Villeurbanne (23, rue Valentin Haüy) :

  • Claude Pennetier : Ouvriers et militants du mouvement ouvrier de Villeurbanne
  • François Ménétrier : 1909-1939: aperçu des premières années du syndicalisme des personnels communaux de Villeurbanne
  • Alain Bujard : Villeurbanne: la solidarité ouvrière et les Brigades internationales à l’heure de la guerre d’Espagne
  • Nathalie Viet-Depaule : La solidarité ouvrière et les prêtres ouvriers villeurbannais.

Pour en savoir plus

Maitron - Dictionnaire biographique que mouvement ouvrier

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Madeleine et François AlloisioIl y a presque une vingtaine d’années, je rencontrai pour la première fois François et Madeleine Alloisio. François est un ancien menuisier, militant important du secteur du bâtiment dans les années 1950-80. Il a connu les anciens syndicalistes ouvriers du bâtiment de l’entre-deux-guerres et c’est à ce titre que je l’avais interviewé à l’époque. Mais nous avions déjà parlé de son parcours d’immigré italien, du quartier de la Gare, à Saint-Priest, où il a passé la plus grande partie de son enfance et où vivait aussi Madeleine Bobbio qui est devenue ensuite son épouse.

Depuis, nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises et, il y a quelques mois, nous avons repris notre dialogue, devant une caméra, avec l’aide de Charles Ramain, responsable de l’Institut d’histoire CGT du Rhône, et celle de Damien Prévost qui anime la rubrique italienne du site web La Clé des Langues et qui, pour cette occasion, tenait la caméra.

Consultez la vidéo sur La Clé des Langues

Vous pourrez ainsi découvrir deux figures ouvrières italiennes et lyonnaises de l’après-guerre liées au Parti communiste. François Alloisio, membre actif de l’INCA (Istituto Nazionale Confederale di Assistenza) s’est battu pour la défense des droits des travailleurs immigrés et particulièrement des  Italiens. Madeleine Alloisio, membre active de la CGT à Lyon, a aussi eu un fort engagement politique dans la commune de Saint-Priest. Tous deux nous parlent de la lutte syndicale, de l’antifascisme, de leurs victoires et du temps de la dernière grande vague d’immigration italienne.

Le Rize de Villeurbanne continue courageusement d’explorer le territoire de sa commune d’implantation. Il l’a fait par le biais de conférences, de colloques, en finançant des recherches universitaires. Il utilise maintenant les ressources des nouvelles technologies en créant un Webdocumentaire consacré au quartier de Saint-Jean : http://vudesaintjean.villeurbanne.fr

« Saint-Jean, le plus petit quartier de Villeurbanne, a d’abord été une étendue de terres cultivées, mais inondables, longtemps ballottées entre des bras fluviaux instables. À la fin du 19e siècle, la construction d’une digue « insubmersible » (actuellement le périphérique Laurent-Bonnevay) et l’inauguration du canal de Jonage viennent dessiner une double frontière qui sépare le quartier du reste de la ville, alors qu’un bras du fleuve (anciennement l’île du Mens) qui marquait la limite avec Vaulx-en-Velin disparaît. La maîtrise des débordements du Rhône à partir des années 1950 va permettre une urbanisation du quartier qui se fera de manière composite, mêlant grands ensembles de logements sociaux, pavillons individuels, jardins ouvriers, entreprises et terrains de sport.
Saint-Jean est désormais un quartier de Villeurbanne où habitants et institutions doivent composer avec cet héritage, qui le fait ressembler à un village, à l’extrémité de la ville mais au cœur de l’agglomération. Ce territoire est aujourd’hui traversé de nombreux enjeux : projets de développement urbain, difficulté de développer des services publics à l’échelle des besoins (éducation, transports publics et emploi), accompagnement des habitants touchés par les difficultés économiques, accueil de nouveaux arrivants ».

De nombreuses initiatives vont accompagner cette exploration du territoire de Saint-Jean et cette saisie de la parole de certains de ses habitants. Pour en savoir plus, consultez le site du Rize.

Exposition de photographies de Benjamin Vanderlick à la bibliothèque du 7e, du 16 octobre au 3 novembre.

Depuis une dizaine d’années, la partie nord du 7e arrondissement de Lyon est le théâtre d’une importante installation de nouveaux commerces exotiques : magasins d’alimentation africaines et antillaises, boutiques de coiffure et tresses, de poses d’ongles et les bars-restaurants se multiplient. Ces échoppes sont destinées principalement à un public de migrants d’Afrique subsaharienne arrivés sur l’agglomération dans les années 1990-2000.
Benjamin Vanderlick a fréquenté pendant plusieurs mois ces restaurants-bars africains du quartier cosmopolite de la Guillotière à Lyon. Ces lieux sont la transposition en Europe de ce qui est notamment dénommé sur le continent africain « maquis » (en Afrique de l’Ouest), circuit, cabaret, nganda. Ils constituent des lieux de divertissement et de sociabilité communautaire et jouent un rôle incontournable pour nombre d’immigrés dans leur parcours d’intégration sur l’agglomération.
De ce long travail ethnologique et photographique, il a tiré un livre très intéressant, Migrants africains à Lyon. Travail et maquis publié par Africultures, puis cette exposition.
Des rencontres, conférences et projections de films accompagneront l’expo. Pour en savoir plus, consultez le Topo d’octobre-novembre 2012.

Bibliothèque du 7e arrondissement
2 rue Domer – 69007 Lyon
Tél. : 04 78 96 48 30
Mardi 16, jeudi 25 et mardi 30 octobre à 18h00 : visite commentée de l’exposition
Pour en savoir plus sur le travail de Benjamin Vanderlick.

Lyon de la guillotière à GerlandJe n’ai plus rien publié sur ce blog depuis la fin de l’année dernière. La rédaction de l’ouvrage que je prépare sur l’histoire de l’immigration italienne dans l’agglomération lyonnaise m’a beaucoup monopolisé et n’a pas laissé beaucoup de place à d’autres activités.
Mais je vais essayer de reprendre, peu à peu, mes petits billets, mes infos au fil de l’eau, mes quelques notes de lecture, avec toujours les mêmes centres d’intérêt : les migrations et l’immigration, le monde ouvrier, les métiers de la construction, l’évolution du bâti et son impact sur les habitants des villes, notamment dans les quartiers populaires. Et toujours un espace de prédilection : Lyon et son agglomération.

À ce propos, je voudrais signaler un livre auquel j’ai participé : Lyon de la Guillotière à Gerland, Le 7e arrondissement, 1912-2012 (sous la dir. Dominique Bertin), Éditions Lyonnaises d’Art et d’Histoire, mai 2012. Il s’agit d’un ouvrage collectif destiné à célébrer le centenaire du 7e arrondissement en revenant sur l’histoire longue de ce territoire et de ses habitants. J’y ai été chargé d’un chapitre concernant les immigrants dans ce quartier.

Les luttes des travailleurs chez Penarroya

Documentaire « Comment se mettre d’accord » de Dominique Dubosc, 1973

Le 7e arrondissement est un bon sujet d’étude pour qui s’intéresse à l’histoire de l’immigration dans une grande ville industrielle parce qu’il réunit en fait deux espaces très différents, la Guillotière et Gerland. Ces deux espaces se sont constitués successivement, l’un durant la première industrialisation qui commence à la fin du 18e siècle, l’autre avec la seconde industrialisation à partir du 2e tiers du 19e siècle. Cela a produit deux histoires migratoires relativement différenciées.
La Guillotière est un ancien faubourg qui est devenu l’un des plus importants quartiers populaires de la ville. Il a accueilli très tôt une population migrante assez importante, d’abord surtout saisonnière mais qui s’est fixée peu à peu dans cet espace. Elle était surtout employée dans des ateliers, sur les chantiers et dans le commerce et s’est sédimentée au cours des décennies.
Gerland a pris la forme d’un quartier ouvrier né aux marges de l’espace urbain et où les usines ont tout de suite dominé. Les étrangers, très nombreux, y sont arrivés en masse à partir des années 1880 pour y occuper les postes déqualifiés et ont expérimenté le double statut dominé de manœuvre et d’étranger.
Etudier l’immigration dans le 7e arrondissement a aussi été l’occasion de revenir sur des faits et des événéments peu ou mal connus comme le trafic d’enfants italiens dans les verreries de Gerland à la fin du 19e siècle, le quartier de baraques qui s’est développé autour de l’avenue Debourg et où ont vécus de nombreux immigrants entre les années 1920 et les années 1960, les attaques anti-italiennes à la Guillotière en 1894, ou la grève victorieuse des travailleurs maghrébins de l’usine Penarroya en 1972 qui a marqué le début d’une mobilisation nationale pour faire évoluer la législation sur les maladies professionnelles liées au plomb.

Un deuxième ouvrage sur l’histoire du 7e arrondissement va bientôt suivre. Né du colloque qui a eu lieu en mai 2012, il sera l’occasion d’approfondir les questions évoquées dans l’ouvrage déjà paru qui est plus « grand public » et qui a été l’occasion de publier de nombreux documents iconographiques sur un quartier dont l’histoire visuelle était jusqu’alors assez pauvre.

Vidéos des InattendusLes Inattendus ont animé, pendant plusieurs mois, des ateliers audiovisuels avec des habitants du quartier de Gerland sur les évolutions et mutations de leur quartier. De ce travail sont nés une série des courts-métrages vidéos que les Inattendus nous proposent de voir au cours de  deux séances qui auront lieu :

  • le mercredi 2 novembre 2011 à 19h00 au Centre Social de Gerland, Espace Chantiers. Entrée libre
  • le jeudi 3 novembre 2011 à 20h00 au Musée Gadagne. Entrée libre – réservation conseillée au 04.37.23.60.4

Les films qui seront projetés sont :

CARTERET, LA FACE CACHEE DE GERLAND de Jean-Paul Vilain
France – 2011 – 25mn – Vidéo
Le foyer Carteret à travers la parole de ses habitants et des animateurs du centre.

CORDES SENSIBLES de Florence Malatray
France – 2011 – 13mn – Vidéo
Le passé industriel de Gerland à travers un récit sur le travail à l’usine et l’observation des lieux aujourd’hui.

ENFANCES d’Abderazzag Azzouz
France – 2011 – 20mn – Vidéo
Le temps de l’enfance, entre hier et aujourd’hui.

LE SILENCE ENTRE LES POUSSES DE RIZ d’Anne Petiot
France – 2011 – 16mn – Vidéo
Qu’est-ce qu’être étranger? Rencontre avec un prêtre vietnamien expulsé du Vietnam après six ans de travaux forcés.

espace-chantiers_potdeterre_lesinattendus POT DE TERRE CONTRE POT DE FER de Sihame Bengoua
France – 2011 – 18mn – Vidéo
Parcours de migration à travers le portrait d’hommes chibanis à la retraite.

SKATE PARK de Lucie Dussauge
France – 2011 – 10mn – Vidéo
Une journée au skate park de Gerland : exploration des usages et des figures d’un lieu.

Consultez la page du site des Inattendus consacré à cet événement pour en savoir plus.

Construction du Palais du Travail  - VilleurbanneAprès un certain nombre de semaines de silence, je reprends le clavier pour donner quelques nouvelles. Dans les billets qui suivront, je parlerai un peu de mes recherches sur les migrations et l’immigration, mais commençons par signaler quelques initiatives à venir dans la région lyonnaise qui me paraissent intéressantes.

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>>> Tout d’abord une exposition qui a déjà débuté depuis quelques temps à la bibliothèque municipale de la Part-Dieu et qui va durer jusqu’au 31 décembre 2011 :

Des imprimés et des hommes : 150 ans d’archives du Syndicat du Livre de Lyon

L’exposition s’accompagne de différents initiatives, notamment une conférence, Cent cinquante ans du Syndicat du Livre, héritage et rupture…,  aux Archives municipales de Lyon, mardi 18 octobre 2011 à 18 h 15, avec Claire Bonici et David Chanudet

Pour en savoir plus, consultez la présentation de l’exposition sur le site de la bibliothèque municipale de Lyon et la page que consacre les archives municipales au syndicat lyonnais des travailleurs du livre.

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>>> Le Rize de Villeurbanne continue son travail de recherche sur l’histoire et la mémoire (politique, sociale, syndicale, ouvrière, etc.) de cette ville et propose une exposition :

Le palais du Travail

Cette exposition aura lieu du du 20 octobre 2011 au 25 février 2012. Le vernissage, ouvert à tous, aura lieu le jeudi 20 octobre à 18h30.

Le Palais du travail est le premier élément du vaste ensemble urbain que constitue aujourd’hui le quartier des Gratte-Ciel à Villeurbanne. Créé à l’initiative de Lazare Goujon, maire socialiste de Villeurbanne de 1924 à 1935, le Palais du travail s’inscrit dès son origine dans un ambitieux projet politique « hygiéniste », soucieux de l’amélioration des conditions de vie des travailleurs.
Comme un fondu-enchaîné, l’histoire du Palais du travail s’est effacée des mémoires au profit de celle des Gratte-ciel et du Théâtre national populaire. Le projet politique de Lazare Goujon mérite d’être sorti de l’oubli et remis en lumière. Il s’agit aussi de montrer comment la population villeurbannaise s’est appropriée, au sein du Palais du travail, les différentes activités, les services – tels le dispensaire – et les lieux de réunion et d’organisation des solidarités ouvrières. La période est un moment-clé du développement des « municipalités-providence » (expression de Renaud Payre) qui prennent en charge, à Villeurbanne comme dans les autres villes des banlieues populaires en France et en Europe, l’amélioration des conditions de vie et l’éducation des populations ouvrières.
L’exposition a été pilotée par l’historienne Michelle Zancarini-Fournel, avec l’aide de Jean-Luc Pinol et de Boris de Rogalski-Landrot, tous membres du LARHRA (Laboratoire de Recherche Historique Rhône-Alpes).

Pour en savoir plus sur cette exposition consultez cette page du site du Rize.

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>>> La médiathèque du Bachut organise, le 21 octobre 2011 de 18h30 à 20h30, une rencontre avec Guiseppe Mungo autour de son livre, publié chez L’Harmattan :

On a fait de nous des immigrés

Il y raconte l’histoire de ce petit garçon qui a quitté le sud de l’Italie avec sa mère, son frère et sa sœur afin de rejoindre son père qui les a quitté quelques mois plus tôt pour travailler au Creusot… : « Si un jour je devais crier au monde ma révolte, ce n’est pas dans mon pays d’accueil que je le ferais, c’est sur ma terre natale que je viendrais non pas avec des pierres mais avec des mots dénoncer ces hommes, eux qui se sont embourgeoisés, nous laissant partir dans une totale indifférence… ».

La rencontre sera suivie de la projection du film  de Jean-Pierre Vedel : La vie rêvée des italiens du Gers.

Pour en savoir plus, consultez la page consacrée à l’événement.

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